mercredi 18 janvier 2017

Cancel The Apocalypse : « Our own democracy »



Mais où s'arrêtera Matthieu Miegeville ? Mû par un désir d'expérimentation, refusant les clichés et les formules toutes faîtes, cette figure de la scène hardcore hexagonale (Psykup) nous avait scotché l'an dernier avec The Black Painters, duo formé en compagnie du pianiste de jazz Rémi Panossian, auteur d'un album remarquable. Moins d'un an plus tard, le chanteur est de retour avec un projet encore plus déroutant, Cancel The Apocalypse, où, désormais, il s'égosille sur un mélange de métal acoustique (guitare acoustique, batterie) et de musique classique, violoncelle et tutti quanti ! Alternant les passages sombres (« Planes and bombs », « Candlelight »), mélancoliques (« A bunch of roses with thorns ») et déchaînements d'une violence inouïe (cf. « Bad Boxer part 2 », « Cancel the apocalypse », la chanson qui donne son nom au groupe), le tout sans la moindre note de guitare électrique ! Pas si surprenant que ça dans le fond, les exégètes savaient depuis longtemps que la puissance sonore dégagée par un orchestre classique était au moins équivalente à celle de n'importe quel groupe de métal. La fusion entre les deux genres restait à inventer, c'est désormais chose faîte. Ainsi, il semblerait que l'apocalypse musicale ait été annulée... Rien n'est moins sûr à l'écoute de cet album ébouriffant…

mardi 17 janvier 2017

Sons d'hiver 2017


C'est devenu au fil des ans un rendez-vous incontournable de l'hiver, le festival Sons d'hiver est de retour jusqu'au 5 février dans différents lieux de Paris et du Val-de-Marne. Une fois encore la programmation est remarquable, tournée vers le jazz et les musiques associées (soul, blues) suivant un angle novateur.

Infos et programmation complète : http://www.sonsdhiver.org/fr/


Concours Luke Elliot


Nous avons le plaisir de vous inviter au concert du classieux songwriter Luke Elliot qui se tiendra le 26 janvier prochain à Paris (Les Etoiles). Pour participer, rien de plus simple envoyez-nous un mail à l'adresse suivante : myheadisajukebox@gmail.com (précisez concours Luke Elliot dans l'objet) et les plus rapides empocheront la mise. Trois invitations pour deux personnes sont à gagner. Les places seront à retirer sur place le soir du concert. A vos claviers !

lundi 16 janvier 2017

Awek : « Long Distance »



Un nouvel album d'Awek, c'est un festival en soi. Ne perdant jamais de vue la note bleue, et le feeling y afférant, le quatuor Toulousain réussit la gageure de multiplier les ambiances aussi sûrement qu'il alterne compositions personnelles de haute tenue (« Don't leave me alone », « We met in Texas », « LA Stomp ») et reprises du meilleur goût (Muddy Waters, Jimmy Mc Cracklin, « Hound Dog »). Amis programmateurs qui séchez pour remplir vos plannings, bookez Awek et tous les quotas seront remplis d'un coup : blues, rock n'roll et même jazz/calypso ! Une variété d'ambiances qui pourtant ne rompt jamais la cohérence et la continuité de l'ensemble, signe d'un groupe pour qui « jouer ensemble » a une réelle signification. A (re)découvrir !
En concert à Paris (New Morning) le 6 avril.

samedi 14 janvier 2017

Jesus Volt



Déjà 17 ans d'existence pour Jesus Volt, qui s'impose, un disque après l'autre, comme un des fleurons du rock d'ici, sans jamais vraiment sortir de cet anonymat qui colle à la peau des formations hexagonales. C'est le lot du binaire français, sans doute… Produit comme son prédécesseur « Vaya con dildo » par l'Australien Mark Opitz, un habitué des collaborations prestigieuses (AC/DC, INXS, Kiss, Bob Dylan, Alice Cooper) ce nouvel album marque un nouveau départ pour le groupe. Il ne nous a d'ailleurs pas échappé que cet effort est éponyme, comme si le quatuor cherchait à se redéfinir. Mettant la pédale douce sur les watts et le gros son, le groupe se recentre sur le blues et le groove ("666 devil woman") grâce à la puissance bienvenue de la redoutable section rythmique (« Bullseye », « I'm a jerk »). Le résultat est particulièrement fin et sonne comme si le groupe était consumé de l'intérieur, mû par le feu. La tension sous-jacente est étouffante (« Baby we're on »), les musiciens ne rêvent que d'en découdre, dévaler le manche de la guitare dans tous les sens, dans un déluge de décibels, sans toutefois sortir de cette réserve imposée (« Party », « Money Man », « Sons of Rome »). Un album débordant de feeling et une réussite de plus à mettre au crédit de Jesus Volt.

vendredi 13 janvier 2017

The Handsome Family : « Unseen »



Formé en 1993, The Handsome Family, composé des époux Brett et Rennie Sparks, a longtemps vécu dans un relatif anonymat (surtout de ce côté de l'Atlantique) avant de décrocher la timbale avec le générique de la série True Detective (saison 1). « Unseen » est le onzième album du couple. Alors que les premières notes s'échappent des enceintes, l'auditeur est plongé dans un entre-deux étonnant, une country alternative roots et dark à la fois. L'acoustique est chatoyante, guitares et banjos caressent l'oreille, alors que le timbre grave et traînant du chanteur Brett déborde d'une mélancolie contemplative contagieuse. Ecouter l'album, c'est comme parcourir une highway plongée dans l'obscurité (« King of dust »). Sur le côté de la route, brillent les dernier feux des espoirs déçus (le bruitage de machines à sous en intro de « The Silver light ») alors que la musique prend parfois un tour baroque (« Tiny Tina », le clavecin de « Gentlemen »). Evoluant dans des tonalités plutôt sombres, l'album réserve quelques surprises magnifiques, la vénéneuse « The red door » se révélant être la grande réussite du disque. A découvrir.
En concert le 16 février à Paris (le divan du monde).

jeudi 12 janvier 2017

Un nouveau clip pour Johnny Mafia

Le quatuor Johnny Mafia (chronique de l'album ici) est de retour avec un nouveau clip délirant, hilarant et cartoonesque en diable. Ah oui et la chanson est super efficace aussi !

mardi 10 janvier 2017

Kaviar Special #2



C'est l'été dernier, durant Rock en Seine, que l'on avait découvert ce tout jeune quatuor Rennais et c'est une petite bombe ! Chez Kaviar Special, l'efficacité prime avant toute chose. Le quatuor joue le pied au plancher, les chansons, déjantées, dépassent rarement les trois minutes, à fond dans le fuzz ! Vous l'avez sûrement deviné, Kaviar Special, c'est typiquement le genre de chose que l'on adore par ici, à savoir un détonnant cocktail, agité du bocal, de rock garage et psychédélique et de surf music, dont les racines sont ancrées dans les sixties mais qui, par un étonnant tour de passe-passe, ne sonne absolument pas rétro. Bien au contraire, grâce à leur enthousiasme juvénile et une production dynamique, le quatuor réussit à redonner une nouvelle jeunesse à ces idiomes, dépoussiérant au passage les années 1960. Tout au long de ces dix titres, le groupe fait ainsi le grand écart entre titres nerveux, voire brutaux, et morceaux faussement planants. Kaviar Special, c'est un surf trip halluciné, un psychotrope musical et les guitares qui tabassent la boîte crânienne. Vous savez quoi ? On en redemande !

lundi 9 janvier 2017

Theo Lawrence & The Hearts



Quelques semaines après avoir sorti leur premier 45 tours, Theo Lawrence (ex-Velvet Veins) et son groupe The Hearts sont de retour avec un tout nouvel EP de cinq titres. Sortie après sortie, l'identité musicale de ce nouveau projet s'affine peu à peu et assister à cette évolution s'avère passionnant. Ainsi après des débuts très marqués par la recherche d'un son authentique et vintage, Theo et sa bande s'éloignent un peu de cette démarche revivaliste. Certes les bases sont là, et respectées avec classe et élégance, par le biais d'arrangements sophistiqués et d'un chant séducteur. Mais une petite prise de risque, un soupçon d'audace et la chose bascule (« Good for nothing ») sans perturber l'équilibre général. The Hearts tracent ainsi une voix inédite entre rock n'roll, soul, country, blues à l'ancienne et une dynamique contemporaine (« Made to last »). Vivement l'album !
En concert le 10/02 à Paris (La Maroquinerie – Les nuits de l'Alligator)


samedi 7 janvier 2017

Bror Gunnar Jansson : « And the great unknown (Part I) »



2017 verra le retour de Frère (Bror en suédois) Gunnar Jansson avec une œuvre au long cours qui sera dévoilée au public en deux temps. La première étape interviendra le trois février avec la sortie de cet EP de sept titres. Sur la lancée de son remarquable album précédent, « Moan snake moan », Gunnar continue son exploration des bas-fonds, délaissant quelque peu le blues au sens strict, au profit d'une americana dark piochant également dans le folk. Une fois de plus, on est ébahis par le résultat. Il ne faut pas se laisser avoir par l'ambiance apparemment calme et acoustique de la chose, le disque est mû par une tension, qui prend l'auditeur à la gorge dès les premières secondes pour ne plus le lâcher par la suite. Remarquablement produit, il s'agît sans conteste d'un disque d'ambiance, sombre et cinématographique qui s'écoute comme la bande son d'un mauvais rêve (cf. « Ritual », « War Tubas »). Toujours hanté par des sons rugueux et primitifs, l'EP regorge de moments étonnants : « The ukulele blues » (un instrument dont il a généralement assez peu l'usage) , « Day/Night » en duo avec une voix féminine et l'excellente « At the diner » qui rappelle les sonorités garage des albums précédents.

Cet excellent EP est un avant-goût prometteur du prochain LP « And the great unknown (Part II) » dont la sortie est prévue au printemps 2017. Vivement la suite !

En concert le 12 février prochain à Paris (La Maroquinerie, festival les nuits de l'Alligator)


vendredi 6 janvier 2017

Festival How To Love, du 14 au 18/02 au Petit Bain


Bonne nouvelle, le festival How To Love est de retour sur la scène du Petit Bain, suivant une nouvelle ligne éditoriale mettant en avant la scène française. A noter la venue, le 15 février, des toujours excellents Flying Padovani's mené par le cultissime Henry Padovani (premier guitariste de Police dont on a pu suivre le parcours dans le documentaire Rock n'roll of Corse) et de Robi le lendemain, 16 février. Le 17 février s'annonce également très prometteur avec Alister et une soirée hommage à Daniel Darc au casting cinq étoiles (Bill Pritchard, France de Griessen, Frédéric Lo etc...).

jeudi 5 janvier 2017

Mountain Men : « Black market flowers »



Le changement dans la continuité, tel semble être le cap que s'est fixé Mountain Men sur son quatrième album studio. Souvent synonyme de déception finale, la fameuse maxime est ici prometteuse de lendemain qui chantent. Globalement, on retrouve ici tout ce qui a fait le sel du groupe jusqu'ici, un son chatoyant mis au service d'un blues touchant (« Someone to talk to ») ou de compositions plus proche de la chanson française de qualité (« Passe dans cette vallée », « Et puis le son »), le péché mignon du chanteur Mr Mat. La nouveauté passe elle par une approche plus rock et un ton qui s'est globalement durci sous l'impulsion du batteur Denis Barthe (ex-Noir Désir, The Hyènes) enrôlé par le duo pour cette nouvelle aventure (« Still in the race », « Dog eye », « Work Song »). Car c'est désormais un groupe complet (basse, batterie, clavier et même violon et guitare additionnelle) qui accompagne le duo formé par Mr Mat (chant/guitare) et Barefoot Iano (harmonica). Et ça change tout ! C'est un horizon dégagé qui s'ouvre devant le groupe, plus varié que par le passé, mais toujours délivré avec une intensité et une puissance d'exécution, même dans les moments les plus apaisés (« One way left »), qui laisse rêveur. Encore une belle réussite à mettre au crédit du groupe.
En concert le 19/01 à Paris (Café de la danse)

mercredi 4 janvier 2017

Bad Pilöt : « Swimming with sharks »



Bad Pilöt nage-t-il avec les requins ? La question reste en suspens, en revanche, il est certain que le groupe navigue en eaux troubles. Une zone grise, potentiellement dangereuse, où le rock rencontre l'électro, où les guitares croisent le fer avec les nappes synthétiques, la douceur de l'une compensant l’agressivité de l'autre et inversement. L'électricité et l'électronique, deux genres à priori antinomiques dont l'union est scellée sur ces cinq titres (et une version radio). C'est assez réussi.
En concert le 6 janvier à Paris (Supersonic)

mardi 3 janvier 2017

Jacques Duvall : « Hantises »



Enregistré en 2006, cet album voit enfin le jour avec cette édition vinyle. Et c'est un petit événement tant les disques en solo de ce parolier, connu pour ses collaborations avec Alain Chamfort et Lio (l'auteur de « Banana Split », c'est lui!), sont rares. Cet effort est le fruit d'une collaboration avec l'excellent combo garage Belge Phantom (déjà auteur d'albums du même acabit avec Lio ou Marie France). Le résultat est une petite merveille de rock garage, dominé par des guitares arides mettant en valeur le timbre rocailleux, comme venu d'outre-tombe, et la plume acerbe du chanteur (« J'ai fait sauter le monde »). La face B évolue sur une note plus acoustique et constitue une tentative, aussi méritoire que rare, d'adaptation de la country à la langue de Molière (« C'est toi », « John-Cloude », inénarrable biographie chantée du moins inénarrable Jean-Claude Van Damme), totalement raccord avec le look de cow-boy fréquemment adopté par le chanteur. En rupture stylistique complète avec des années sous l'influence de la « poésie noire », l'album rappelle les grandes heures du rock français soit Jacques Dutronc, Gainsbourg fricotant avec Bijou ou bien encore l'album « Rock under the bunker » du même Gainsbourg (1975). Comme le chante Jacques en intro et en conclusion de cet excellent album : « Il doit y avoir un truc, c'est pas possible ! »

Ce post est une version modifiée de la chronique parue à l'origine dans le magazine Longueur d'Ondes http://www.longueurdondes.com/2016/12/16/jacques-duvall/


lundi 2 janvier 2017

Gang of Four : « Live… in the moment »



Formé en 1977 autour du guitariste Andy Gill (toujours à la manœuvre 40 ans plus tard) Gang of Four, un des fleurons du post punk, a toujours de beaux restes et le prouve avec ce nouvel album live. Au cœur d'une tension permanente, qui va crescendo du début à la fin du disque, sans jamais vraiment disparaître, Gang of Four réussit néanmoins à trouver un espace pour le groove à la faveur d'une section rythmique remarquable. A lui seul, « What we all want » résume tout l'art de Gang of Four. Un tonnerre de guitares, autant puissantes qu'expérimentales, entraînant l'auditeur dans une spirale hallucinogène, hypnotisé par le timbre d'Andy et ses imprécations, bercé par le rythme impeccable de la section rythmique (cf. « Love like Anthrax »). A n'en point douter, les 14 titres de cet album live sont autant de petits sommets rock n'roll. Thrash et déglingué. Excellent.


dimanche 1 janvier 2017

Sonic Winter : « Party war on the killing floor »



Deuxième effort pour ce groupe au destin étonnant formé par deux français (Jean-Marc Millière et Francis Girola) exilés en Ecosse. Alors que les premiers accords de « Year Zero » transpercent les enceintes, on pense avoir trouvé une autre marotte, un de ces groupes que l'on affectionne, entre rock n'roll puissant, passages psyché/prog et métal stoner baignant dans une délicieuse atmosphère 70s (« Rocking machine », « Sahara »). Ultra-efficace à défaut d'être fondamentalement original. Et puis, rapidement le groupe nous désarçonne virant brusquement électro façon Depeche Mode (« I lose control », "Defender") ou jouant une note classique, piano et violons à l'appui (« Establishment of time »). Non que cela soit mauvais, loin de là, mais totalement inattendu. A tel point que l'on a du mal à croire que l'album dans son ensemble soit l’œuvre d'un unique groupe. Ce qui, d'une certaine manière, n'est pas tout à fait le cas puisque la bagatelle de 27 musiciens invités ont épaulé le duo dans la réalisation de cette œuvre au long cours (14 titres, 60 minutes) en forme de réflexion sur le chaos du monde moderne. L'album n'étant pas avare en bons moments (« Le fils de Lucifer », seul titre en français d'inspiration punk) l'auditeur est donc invité à sauter certaines plages (chacun fera son choix) pour écouter ses morceaux préférés afin de réaliser son petit best-of personnel. De haute tenue, d'une manière générale, mais un peu trop dilué.


samedi 31 décembre 2016

Yuma Sun : « Watch us burn »



Pourquoi se contenter de formules toutes faîtes quand tant de formes restent à inventer ? S'amuser et expérimenter, de ce constat est né Yuma Sun, formation atypique œuvrant dans le Dommesdagrock. Dommesdagrock, kesako ? Un ovni musical ! Tout part de la base, la country, le rock n'roll et un soupçon de blues. Rien que du très classique. Ce qui change ? L'interprétation, inspirée par le punk, le métal, le stoner et une bonne dose de noirceur. A l'écoute cela donne un bon paquet de guitares détraquées réinterprétant les idiomes précités sur un mode gothique inédit soutenu par un banjo et une lap-steel apportant l'indispensable caution roots. Le chant inspiré de Jaran Hereid apporte la touche finale, une émotion perceptible dans sa voix faisant chavirer l'auditeur. Le tout est mis au service d'une écriture fédératrice (« Violets to Stone », « St Louise », « Judas Tree » soit autant de tubes dans un monde parfait). Une bonne surprise venue de Bergen, Norvège !

mercredi 28 décembre 2016

Bebo Best And The Super Lounge Orchestra : « Jazz Mamba »



Alors que pour bon nombre de groupes, la quête d'un « son vintage » prend des airs de graal absolu, Bebo Best et son groupe The Super Lounge Orchestra se chargent de propulser les années 1960 dans le futur. Un petit coup d’œil sur la pochette suffit pour s'en persuader, la couleur de ce projet est définitivement rétro mais l'étiquette est bien trop réductrice. En effet, le groupe excelle dans un entre-deux unique en son genre. Les amateurs de musique latine seront aux anges. Percussions folles, cuivres pêchus, orgue Hammond, guitares et basse : tous les ingrédients sont ici réunis. Mais pas uniquement. Grâce à l'aide précieuse du DJ Robert Passera, la musique prend une tournure inattendue : quelques beats bien sentis ici et là, quelques samples (des dialogues de films par exemple cf. « Mamba Jazz ») suffisent à transformer ce disque en objet sonore tout à fait inédit, sans en dénaturer la nature intrinsèquement rétro, ancrée au cœur d'un triangle latin/jazz/funk. Résultat : un cocktail festif et dansant, tout à fait indiqué pour rentrer dans la nouvelle année avec allégresse ! A noter, la jolie reprise du « Heroes » de David Bowie.

lundi 26 décembre 2016

Jazz loves Disney




Quiconque à un jour vu « Fantasia » (1940) connaît les liens étroits entre la musique et l’œuvre de Walt Disney. La présente compilation voit le producteur Jay Newland réunir une kyrielle de superstars du jazz vocal (China Moses, Hugh Coltman, Stacey Kent, Anne Sila etc...) se réapproprier le répertoire issu des bandes originales des films Disney. Le résultat est assez harmonieux quoiqu'un peu sage. Ce qui n'empêche pas les excellentes surprises. Gregory Porter se révèle une fois de plus un vocaliste d'exception sur la reprise de « When you wish upon a star » (Pinocchio), Jamie Cullum réinvente le thème des « Aristochats » (« Everybody wants to be a cat ») avec un petit grain de folie rythmique bienvenu qui fait trop souvent défaut sur cet album. Enfin seule (« He's a tramp » - La belle et le clochard) ou accompagnée par la classe latine de Rafael Gualazzi (« The Bare Necessities » - Le livre de la jungle) Melody Gardot révèle une sensualité vocale digne d'une femme fatale. La seule à pouvoir rivaliser dans le registre est, peut-être, China Moses (« Why don't you do right » - Qui veut la peau de Roger Rabbit). Pour finir, signalons la reprise, en français s'il vous plaît, de « Un jour mon prince viendra » par Nikki Yanofsky. Classique, l'écoute de l'album se révèle néanmoins agréable en dépit d'un manque d'éclat. La bande son idéale pour les fêtes de fin d'année.

samedi 24 décembre 2016

Cirque LE ROUX, Bobino, 23 décembre 2016.




On est bluffés dès le générique évoquant un film noir hollywoodien. L'action se déroule dans les années 1930. Dans un décor rétro à souhait, les quatre acrobates/danseurs rivalisent de folie, de dextérité, faisant fi de la pesanteur, comme un défi lancé aux lois de l'attraction terrestre. Même si l'intrigue reste un tantinet absconse à nos yeux, les tableaux défilent et on est subjugué par ces corps se mouvant avec grâce, dans cet entre-deux étonnant, là où l'art rejoint la performance physique et sportive. Le final est époustouflant, l'immense pole dressé au milieu de la scène en tremble encore !

Cirque LE ROUX – The Elephant in the room

A Bobino (19h00) du mercredi au samedi jusqu'au 14 janvier 2017.

vendredi 23 décembre 2016

Scores : « The Gate to leave »



Alors que les premières notes résonnent, il ne reste que peu de place pour le doute : Scores vit pour le rock n'roll d'une époque qu'ils n'ont pas connu : les années 1970. Riffs de guitares énormes, batteries speedée : chez Scores le rock se vit les potards dans le rouge et à fond la caisse (« Good night », « Leave me now »). Ceci étant dit, un titre comme « That's the girl » apporte un peu de recul dans cette ambiance rétro et noisy, plus lent, plus mélodique, plus acoustique, une bonne indication de ce que le groupe peut apporter dans un registre différent. Sur la magnifique pochette, rappelant Black Sabbath, un inquiétant personnage ouvre une porte vers l'inconnu. Serait-ce une machine à remonter le temps ou bien, tout simplement, un passage vers le nirvana du rock n'roll ? Ecoutez ces quatre titres et vous le saurez…

jeudi 22 décembre 2016

Un nouveau clip pour Teleferik

De retour de Corée, Teleferik nous envoie un nouveau clip illustrant "Les lois de la physique" (extrait de "Lune Electric" le premier album du groupe) aux allures de film de vacances... Dépaysant !

http://teleferikband.com
https://www.facebook.com/teleferikband

Cyril Adda Trio, Marché de Noël de Créteil, 20 décembre 2016


Mardi, en fin d'après-midi, on a découvert le trio de Cyril Adda sous le chapiteau du marché de Noël, dans une ambiance faîte de guirlandes et de boules de sapin. Alors que ses doigts dévalent sur le clavier du piano, Cyril nous explique son parcours. Pianiste de jazz, souvent employé pour animer divers manifestations, Cyril a ressenti le besoin de passer à autre chose, la chanson. La première partie du concert voit le trio se produire en formation jazzy (piano, contrebasse, batterie). Le répertoire est composé de chansons originales dans lesquelles transpirent les influences jazzy des musiciens, perceptibles notamment dans le swing imparable de la section rythmique (Bertrand Beruard à la basse, Xavier Roumagnac à la batterie). Sur des musiques évoquant les premiers Michel Jonasz ou Claude Nougaro, Cyril chante les petits tracas de l'existence (« Le club de gym »), des souvenirs liés à l'enfance (« La baraque à frites » évoquant un déménagement dans le sud de la France) ou des thèmes d'actualités plus sombres (« Nafissatou Diallo », du nom de la femme de ménage du Sofitel, cf. l'affaire DSK). Projet aux contours encore en gestation, la deuxième partie se révèle plus pop/rock. Cyril passe du piano à la guitare électrique et Bertrand troque sa contrebasse pour une basse électrique à cinq cordes. Le chanteur semble moins virtuose guitare en mains (au point de s'égarer dans une chanson). Toujours aussi fine, la section rythmique quant à elle, impressionne également dans ce contexte moins swing et plus puissant. Même en version pop/rock, la répertoire reste marqué par la chanson, dans un registre soft proche de la FM. Un trio frais et sympa, mais manquant encore un peu de personnalité dans son incarnation guitare.


mardi 20 décembre 2016

Nawel Ben Kraïem : « Navigue »



Un pied sur chaque rive de la Méditerranée, la Franco-Tunisienne Nawel Ben Kraïem mélange instrumentation acoustique traditionnelle et arrangements électroniques (« Majnoune »). L'ensemble forme un étrange ovni pop traversant les frontières aussi sûrement qu'il mixe les cultures par le biais d'un chant en langues française et arabe. L'écrin est idoine pour faire briller de mille feux la voix éraillée, légèrement cassée façon soul de Nawel. Un chant qui émeut, submerge et que l'on avait déjà entendu aux côtés d'Orange Blossom. Ces quatre titres sont un avant-goût du premier album de Nawel que l'on devrait découvrir l'année prochaine.

lundi 19 décembre 2016

Louis Arlette



Avec ce premier EP, Louis Arlette signe de bien intriguants débuts. Contrairement à bon nombre de ses contemporains, Louis n'a pas peur d'une part de chanter en français, des textes sensibles (cf. « L'avalanche ») ni, d'autre part, d'expérimenter avec la matière sonore, entraînant la chanson française sur un terrain inattendu évoquant l'électro voire l'industriel (« Les Etaux », « L'avalanche »). Et puis il y a la voix de Louis, un timbre fragile, toujours sur le point de flancher, renforçant l'aspect particulièrement émotionnel de sa musique. Cet EP s'écoute comme une mise à nu, sombre mais étrangement lumineux en même temps : c'est une révélation !

dimanche 18 décembre 2016

Louis-Jean Cormier : « Les Grandes Artères »



Ancien leader de Karkwa, souvent décrit comme le Radiohead francophone, Louis-Jean Cormier est une célébrité dans son Québec natal. A telle enseigne qu'il est membre du jury de ce que nos cousins Québecois appellent « La Voix », l'émission que nous désignons, en bon français, « The Voice ». Son deuxième album en solo, voit Louis-Jean débarquer en France. Comme souvent au Québec, Louis-Jean Cormier est à cheval entre plusieurs cultures, francophone en Amérique du Nord, au croisement des cultures. C'est un peu un résumé, de l'album, étonnant par sa diversité, partant parfois dans des directions étonnantes. De Karkwa, il reste un certain sens de l'emphase, une sorte de grandeur musicale qui se fait jour au travers d'arrangements ambitieux et alambiqués sans toutefois tomber dans la surenchère maladroite (« Vol plané »). Mais à côté de cela, « Les grandes artères » est également un album de chansons aux textes justes et émouvants (cf. « J'aime mieux rêver que de voir sans y croire » in « La fanfare » ; la sublime « Faire semblant » ; « Traverser les travaux ») dont les contours acoustiques se parent d'atours folk (« Le jour où elle m'a dit je pars » ; « Jouer des tours ») et country, banjo à l'appui (« Tête première », « Traverser les travaux »). Dans ce contexte la reprise de « Complot d'enfants » (Félix Leclerc) fait office de lien entre les différents univers et de figure tutélaire. Un excellent disque qui sort enfin en France, ça n'a l'air de rien dit comme ça, mais c'est une très bonne nouvelle.
En concert le 16 mars 2017 à Paris (La Maroquinerie)

samedi 17 décembre 2016

Left Lane Cruiser : « Beck in black »



Actif depuis une dizaine d'années, le duo Left Lane Cruiser (originaire de Fort Wayne dans l'Indiana) fête le retour au bercail (tout à fait provisoire) du batteur Brenn « Sausage Paw » Beck (remplacé depuis par Pete Dio) qui a choisi les titres, tous issus des premiers albums du groupe, que l'on retrouve remasterisés sur cette nouvelle compilation. 14 plages qui illustrent magnifiquement le savoir-faire de Left Lane Cruiser soit une version âpre du blues, jamais très éloignée du garage rock, animée par une fureur punk sans pareille (cf. « Heavy »), perceptible dans la voix rauque du chanteur Frederick Evans (« Amy's in the kitchen ») ; quelque-part entre Seasick Steve et les premiers Black Keys. La chose prend une toute autre dimension lorsque les titres s'étirent sur la durée, développant une sorte de transe bruitiste (cf. « The Pusher »), les morceaux plus acoustiques apportent une couleur supplémentaire hybride entre punk, blues et country (cf. "Juice to get loose"). Les fans du groupe trouveront de quoi patienter avec les six inédits du tracklisting, les autres auront là la clef pour entrer dans l'univers de cet excellent groupe.

jeudi 15 décembre 2016

Jesse Malin : « Outsiders »



Depuis qu'un soir de décembre 2002, seul sur la scène du Bataclan avec sa guitare folk, il nous avait séduit par son charisme et son sens de l'humour ravageur, on a toujours gardé une affection particulière pour Jesse Malin. Jesse Malin, c'est un peu le dernier de son espèce. Un songwriter inspiré, le genre de mec qui aurait été une superstar en 1972 et qui aujourd'hui vivote dans un relatif anonymat. Un nouvel album de Jesse Malin, c'est un de ces petits plaisirs de l'existence, un bonheur toujours renouvelé, sans (mauvaises) surprises certes, mais toujours égal de qualité ou de talent. Il exhale de sa musique quelque chose de profondément New-Yorkais, intrinsèquement ancré dans la côte est des Etats-Unis. Son sens du storytelling, sa volonté de raconter en chansons le destin de ses contemporains, proche du peuple et des « petites gens » le rapproche d'un Bruce Springsteen (celui des débuts) dont il est le digne descendant (cf. « All bets are off »). Ce nouvel effort voit Jesse se partager entre chansons acoustiques mélancoliques ("Stay Free") et rock n'roll enfiévré (« Here's the situation », « In the summer », les excellentes « Outsiders » et "Whitestone city limits") dont le côté baroque rappelle les Stooges (le saxophone de « The Hustlers » ; « San Francisco »). Signalons pour finir le groove ravageur de « Society Sally », le petit bijou de cette nouvelle livraison. Un classique instantané, gageons que l'album vieillira bien.

mercredi 14 décembre 2016

James Leg : « Blood on the keys »




Fils d'un pasteur Texan (enfin d'après la légende), ancien membre des Black Diamond Heavies, le pianiste James Leg effectue un retour tonitruant avec ce troisième album solo monumental. James Leg, c'est un peu le punk perdu en pleine americana. Un type qui mettrait son énergie, son agressivité même, pour se réapproprier les traditions musicales ancestrales du blues au gospel avec une impressionnante intensité. L'originalité de la chose, vient de l'instrumentation. Claviériste de formation, Leg met son instrument en avant, un clavier vintage, Fender Rhodes le plus souvent, dont il tire des sonorités inattendues. Tout aussi inattendu est le recours épisodique à la guitare, un instrument pourtant indissociable des idiomes précités et qui n'est utilisé ici que ponctuellement, une rareté sur la scène punk. L'accompagnement musical est unique en son genre, groovy mais puissant (cf. la batterie), toujours sur la marge, se jouant avec maestria de la déglingue baroque (les violons de « St Michel Shuffle »). L'écrin est parfait pour la voix grave mâtinée au whisky et à la nicotine de Leg ; cet univers crade lui va comme un gant. Même les morceaux les plus calmes à priori (« I'll take it ») sont consumés par ce feu intérieur. Ecouter cet album c'est comme sillonner les routes du Texas à bord d'une voiture ivre. Un genre de trip halluciné dont on ne revient pas tout à fait indemne.  
En concert à Paris (Petit Bain) le 23 janvier 2017.

mardi 13 décembre 2016

The Haggis Horns : « What comes to mind »



Voici un album qui ne manquera pas de ravir les fans de soul et de funk de tout bords. Formés en 1999 à Leeds, The Haggis Horns s'est tout d'abord taillé une belle réputation en tant que section de cuivres employés, sur scène ou en studio, à tour de bras par toute une kyrielle de super stars : Amy Winehouse, John Legend, Corinne Bailey Rae, Jamiroquai, Morcheeba ou Finley Quaye. Une sorte de Tower of Power british, pour résumer. A l'instar de ces derniers, si vous n'avez jamais entendu parler d'eux, il y a de fortes chances que vous les ayez écoutés sur un album des artistes sus-mentionnés. En parallèle les Haggis Horns ont également réussi à mener leur propre carrière, ce disque étant leur troisième album en nom propre. Alors évidemment avec leur réputation cet effort est particulièrement fort en cuivres et dépote assez sec (ah « It ain't what you got »…) dans un registre soul/funk dansant inspiré des années 1970 (« Keep it tight », assez irrésistible dans le genre) auquel ils rajoutent, ça et là, une pincée de jazz (« Return of the haggis », « Digging in the dirt », « I can't stop the feeling »). Avec une poignée de convives (le bassiste Pete Shand, le percussionniste Snowboy) les Haggis Horns alternent instrumentaux et morceaux chantés par de talentueux invités (John Mc Callum, Lucinda Slim et John Turrell) avec un bonheur égal. Harmonieux et festif, dans un monde parfait, cet album devrait tourner en boucle lors du prochain réveillon du 31 décembre.

lundi 12 décembre 2016

Nick Pride & The Pimptones : « Go deep »




Avec ce nouvel album, le guitariste anglais Nick Pride, une des valeurs sûres de la soul anglaise, franchit une étape supplémentaire. L'arrivée à temps plein de la spectaculaire chanteuse Beth Macari, après un essai sur l'album précédent, a en effet changé la donne. Moins diversifié que par le passé, le groupe se révèle, en revanche, nettement plus consistant et plus constant sur la durée. Oubliant les tentatives funk voire rap de l'album précédent, la formation se recentre sur un son soul vintage tout en prenant soin de varier les ambiances entre titres deep et morceaux plus enlevés. Autant de registres dans lesquels Beth Macari se révèle excellente. L'album ne dépareillerait pas sur le catalogue d'un de ces label hips de Brooklyn et le sextet se révèle prêt à prendre la relève des regrettés Dap-Kings. Rien de moins ! Un album excellent et c'est un petit exploit tant le créneau se révèle encombré par ailleurs. Conseillé.

vendredi 9 décembre 2016

Yasmine Kyd : « Privacy Settings »



Kabyle et Bretonne, Yasmine Kyd poursuit son exploration musicale avec ce nouvel album, se présentant comme une plongée au cœur de la « Great American Black Music » au sens large du terme. Se jouant des étiquettes et des genres, jonglant avec les influences et les époques, ce nouvel album fait cohabiter jazz (« Is it time to go home ? », « Personnal », « Poor heart, poor thing ») et néo soul (« That one day », « Paris jam 69 »). Une variété d'influences qui n'a rien du patchwork disgracieux, grâce à l'élégance naturelle de la voix de Yasmine, caméléon vocal capable d'enfiler tous les costumes sans pour autant perdre sa personnalité et son charme. Vintage sans ostentation, audacieux dans ses arrangements apportant une note de modernité dans son univers rétro, l'album irradie d'une belle chaleur musicale. Sans temps mort ni remplissage, le disque renoue avec la durée moyenne d'un vinyle, transformant l'écoute en un moment à part, suspendu, une petite demi-heure d'introspection dans cet univers classe et cosy.