dimanche 30 décembre 2007

She Wants Revenge : « This is forever ».


Toujours aussi sombre le monde de She wants revenge (voir mon message du 4 avril). L’album reprend les choses là où le premier disque s’était arrêté. La pochette, toujours aussi sexy, est quasi identique, la première était blanche, celle du deuxième est noire. Autre innovation, cette fois ci le duo Justin Warfield et Adam Bravin est accompagné du groupe qui les accompagne sur scène (Thomas Froggart à la guitare et Scott Ellis à la batterie). Il en résulte un album plus « live », à la personnalité rock plus affirmée, batteries et guitares à l’appui. Il ne faut pas ainsi se laisser duper par le premier morceau l’instrumental plutôt électro « First, Love ». La machine She wants revenge donne sa pleine mesure dès les plages suivantes « Written in Blood », « Walking away », « True romance ». Mieux arrangé, plus abouti que le premier disque, ce nouvel opus atteste des avancées de ce groupe qui peu à peu trouve sa personnalité, ses marques, son son. Corrosif et entêtant, fort goûteux, ce nouvel opus distille un charme « noir » particulièrement vénéneux. La « Black Celebration » va pouvoir commencer…
http://www.shewantsrevenge.com/
www.myspace.com/shewantsrevenge

samedi 29 décembre 2007

The Dilettantes : 101 Tambourines


The Dilettantes, le nouveau groupe de Joel Gion, l’ex « tambourine man » du Brian Jonestown Massacre (BJM), sort son premier album, « 101 tambourines » en hommage à l’instrument fétiche de Joel. Ce dernier est un sacré cas. Si vous avez vu « Dig ! » le passionnant documentaire d’Ondi Timoner, à mon sens un des films les plus passionnants jamais tourné sur le rock, impossible d’oublier le charismatique Joel. Un sacré clown, complètement déjanté qui assure le show pendant tout le métrage. Un personnage attachant donc à défaut d’être un musicien sérieux. La donne pourrait bien changer grâce à ce « 101 tambourines » d’excellente facture. Après avoir quitté le Brian Jonestown Massacre (BJM) avec pertes et fracas, tout est expliqué dans « Dig ! », Joel Gion est retourné vivre à San Francisco et a dégoté un job dans le magasin de disques « Amoeba Music » (le paradis sur terre, cette boutique !!!). Comme Joel l’expliquait dans les bonus du DVD (zone 1) « Dig ! », il s’était acheté une guitare et s’était lancé dans l’écriture de chansons, exercice nouveau pour lui, à ma connaissance son apport dans BJM était relativement limité. Avec la sortie de l’album, on assiste maintenant au dernier chapitre de l’histoire. Et c’est donc maintenant que la donne change. Car l’album est dans la droite lignée des meilleurs moments du BJM. Psychédélique à souhait et accrocheur. Attachant à l’image de Joel Gion. Avec cette agréable impression d’avoir découvert un obscur inédit oublié des 60s. Avec un plus un petit côté rythme & blues plus affirmé que chez le grand frère BJM. Après les Warlocks, le Black Rebel Motorcycle Club voici donc The Dilettantes, tous ces groupes ont été fondés par d’anciens membres du Brian Jonestown Massacre, une sacrée bonne école donc…

lundi 24 décembre 2007

Rouda : Musique des lettres.


Le Slam est le descendant direct du blues, du spoken-word et de la soul music depuis que Gil Scott-Heron en a posé les bases, il y a longtemps, là-bas à la fin des années 60 et au début des années 70. Et de soul, d’âme, il en est beaucoup question tout au long de cette « musique des lettres », le premier album de Rouda. Et pour une fois, sur ce blog, il s’agira moins de musique que de mots. Comparé à « midi 20 », l’excellent disque de son pote Grand Corps Malade, Rouda sonne beaucoup plus hip-hop. Quand il n’est pas à cappella, dans la plus grande tradition Slam, Rouda habille son impeccable flow d’arrangements divers électro (« dernière cartouche »), rock (« les Blancs ne savent pas rapper »), voire même bal populaire pour « Paris canaille… Paris racaille » et son accordéon. Et puis il y a plume acérée, tendre (« merci ») et parfois rude de Rouda. En s’ouvrant sur certaines de ses blessures, Rouda touche au cœur, et on fini par se reconnaître dans un texte ou dans l’autre. Le bitume parisien est la pierre angulaire du disque de Rouda, « né à Croix-de-Chavaux » (et moi, j’étais à l’école à Robespierre). A mon sens, les grandes réussites du CD sont « l’avenir dans les larmes » et son beat explosif et « Les Blancs ne savent par rapper » décharge d’électricité pure qui va vous griller les oreilles. Enregistré avec l’aide de ses potes Grand Corps Malade (« Juste une période de ma vie »), Souleymane Diamanka, 129 H et Omea, cette « Musique des lettres » résonnera longtemps en vous ; « C’est autre chose que Lorie » et ça fait du bien.

http://www.rouda.fr/

mardi 18 décembre 2007

Bruce Springsteen & The E-Street Band, Palais Omnisport de Paris-Bercy, 17 décembre 2007.

Bruce Springsteen et son groupe emblématique a fait son retour sur une scène parisienne hier soir à peine plus d’un an après son dernier passage en compagnie du Seeger Session Band dans la même salle. En effet, Springsteen semble avoir retrouvé un deuxième souffle qui le porte depuis 2002, et à près de 60 ans, enchaîne les albums et les tournées. Sa popularité est également au plus haut, ce qui est étonnant vu que l’on ne l’entend pas plus qu’avant sur nos ondes. Trois journées à peine ont suffi à remplir Bercy, une arène de 15 000 places, rappelons-le. Et c’est la même chose à chaque passage du Boss depuis cinq ans.

La salle est donc pleine comme un œuf, et ce jusqu’au plafond. La taille de la scène a même été réduite pour permettre à des spectateurs de prendre place sur les gradins derrière la scène, qui sont habituellement interdits au public. De fait, on assiste à un concert près du public, sans décor particulier, simplement rock n’roll.


Une musique de fanfare, se fait entendre pendant que le public patiente. « Bonsoir Paris, ça va ? » demande Bruce, qui a fait des progrès en français, à la foule. Et le E-Street Band d’enchaîner sur le nouveau single « Radio Nowhere ». Ils sont neuf sur scène et je suis désolé de le dire, mais le E-Street Band c’est quand même une sacrée bande de bourrins. Surtout le batteur, Max Weinberg, raide comme la mort derrière son kit, il joue avec les avants bras, sans aucune souplesse de poignet. Aucun swing ni groove mais un débit de sulfateuse. Un jeu dénué de feeling mais tout en puissance. Mais ne soyons pas bégueule car le concert fut excellent. Parmi les grands moments, « Reason to believe » transformé en boogie-blues avec une intro à l’harmonica (jouée par le Boss) à couper le souffle, « The River », pour le coup délicate et pleine d’émotion et « Because The Night », composée pour Patti Smith et que Bruce a longtemps refusé de jouer. Et puis il y a eu aussi les tubes « Born to run », ah… Le saxo du « big man » Clarence Clemmons… « Dancing in the dark » avec en guest Elliott Murphy (voir mes posts des 14 et 17 mars), « She’s the one »… Le concert s’est achevé dans une atmosphère de liesse, sous le feu nourri des applaudissements. Pour le dernier rappel les membres du groupe ont revêtu des bonnets de Père Nöel, à l’exception de Bruce qui a choisi une version Stetson dudit bonnet et ont interprété un « Santa is coming to town » parfaitement raccord avec la saison. Au final, même si Springsteen m’a paru par moments un peu fatigué, on a passé une excellente soirée avec l’un des derniers « King » du rock n’roll. Thank you man !

Je profite de la présente pour souhaiter un excellent rétablissement à l’organiste Danny Federici, membre du E-Street Band, et absent sur cette tournée pour raison de santé.

http://www.brucespringsteen.net/

vendredi 14 décembre 2007

LuTTès


Aujourd’hui coup de projecteur sur LuTTès (Voir mes messages des 10 et 13 février ) ; quatuor francilien aux prestations scéniques intenses. LuTTès c’est Grégoire Van der Elst à la guitare et au chant, Chadi Chouman à la guitare, Romain Speiser à la batterie et Julie Poudou à la basse. Faisons un peu mieux connaissance avec ce groupe originaire du neuf-quatre (le Val de Marne comme l’auteur de ces lignes !)...

1) Comment est né le groupe ? Est-ce que vous pouvez nous parler de vos débuts ?
LuTTès : Le groupe est né suite à l'initiative de Greg, le chanteur, qui voulait créer un projet solo de ses chansons, puis l'envie de monter un groupe est venue toute seule, ne souhaitant pas être seul impliqué dans le projet. Il contacte Julie, avec qui il a joué dans un autre groupe pendant 4 ans. Son ami Renaud, batteur, le rejoint également. Après avoir entendu parler de ses talents de guitariste, Greg contacte Chadi pour lui proposer de rejoindre le trio. C'est un an après que Romain, rejoint LuTTès à la place de Renaud.

2) Lors du concert en février dernier, j'ai été surpris par la diversité de vos influences, du jazz manouche, du hip-hop, du rock...
LuTTès : En effet, LuTTès a beaucoup d'influences différentes ! Le chanteur vient de la chanson française et du rock, Romain le batteur est très influencé Jazz et autres rythmes du monde, Chadi par le jazz manouche, la musique tzigane mais aussi la chanson, le rock, le punk... Quant à Julie, influencée Rock, Jazz rock, reggae...

3) Etes-vous de grands lecteurs ?
LuTTès : Oh oui tous autant que nous sommes ! Et tout autant que nos influences musicales, nous sommes intéressés par divers styles de lectures, intello, Luttès ?? lol

4) Comment décririez-vous votre univers ?
LuTTès : Très dur, notre univers est indescriptible !! Car nous ne voulons pas être ancré dans UN univers mais restons ouvert à plein de choses ! De par les influences de chacun, l'univers de LuTTès est vaste ! Quelques ingrédients : du rock puissant, des textes inspirés et habités, de l'humour et des mélodies entêtantes... Nous essayons, dans le paysage musical d’aujourd’hui, d’être un trait d’union entre chanson française et rock.

5) Ou en êtes-vous de l'enregistrement de votre premier album ?
LuTTès : Ah.. toujours en quête de partenaires pour le sortir cet album, après une collaboration avec les Studios de la Seine, nous recherchons une distribution pour continuer cette aventure. Nous avons sorti un premier 4 titres issus du futur album pour nous permettre de démarcher.

6) Une dernière question pour Greg (le chanteur/guitariste NDA), comment va ta folie ?
Julie Poudou (basse) : Je répondrai pour lui... Toujours aussi fou et c'est comme ça qu'on l'aime ! En ce qui concerne la folie générale du groupe... De plus en plus intéressante, les prochains morceaux en sont la preuve !

Propos recueillis par email le 14 décembre 2007.
Un grand merci au groupe pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Pour en savoir plus sur LuTTès n'hésitez pas à visiter le myspace du groupe.

jeudi 13 décembre 2007

Ike Turner (1931-2007)


Ike Turner, ex-mari de Tina, guitariste, pianiste, compositeur est décédé ce matin. En dehors d’une vie conjugale plutôt agitée et toutes sortes de déboires extra-musicaux, Ike Turner est un homme clé de l’histoire de la musique Afro-Américaine de ces quarante dernières années. Producteur, talent-scout, il a contribué aux débuts de carrières de nombreux bluesmen, B.B King, Howlin’Wolf, Elmore James et Little Milton. C’était aussi un pionnier du rock n’roll, avec son groupe les Kings Of Rythms et leur tube « Rocket 88 ». Né à Clarksdale (Mississippi), il est décédé dans son sommeil à son domicile près de San Diego (Californie). Le co-auteur, avec Tina, du fabuleux "River Deep Mountain High" avait 76 ans. R.I.P.
Quelques vidéos d'Ike sont disponibles ici.

lundi 10 décembre 2007

Mick Hart : « Finding Home »


C’est une grande nouvelle, Mick Hart a signé un contrat avec le label Besides. Première conséquence pour l’australien, son nouvel opus « Finding Home » est sorti dans le commerce et est disponible à la FNAC. C’est un début de reconnaissance, mais il est paraît-il très connu sur sa terre natale, après presque neuf ans de carrière et une petite dizaine d’albums, lui qui jusqu’à présent vendait ses disques à la fin des concerts. Ce nouvel album a été enregistré à Lille -Mick vit une partie de l’année en France- en solo intégral. Le disque est donc acoustique : guitare, harmonica, lap-steel et quelques claviers (Rhodes, Wurlitzer, Mellotron). Tout est joué par Mick. Il en ressort cette mélancolie, enregistrée au cœur de l’hiver et sortie à l’automne. « Finding Home » ou le blues de l’expatriation. Le disque est, de fait, relativement monochrome, sans aucun artifice, sa voix traînante et le travail de composition se taillent ici la part du lion. Seule « From now on » sous influence Beatles apporte un peu de lumière. Il ne faut pourtant pas croire que tout est lent sur ce disque, « On the run », belle réussite par ailleurs, regorge d’une dynamique bienvenue. Seul petit reproche, 14 titres c’est long et je pense que « Finding Home » n’aurait pas souffert d’être un peu plus court. Par exemple, un titre comme « All at your door » relecture acoustique du « Bed Lonely People » de l’album précédent me paraît superflu. Mais ce n’est pas grave, car Mick est un auteur/compositeur/interprète de talent, qui travaille dur. Et qui gagne à être connu.

http://www.mickhart.com.au/
www.myspace.com/mickhartmusic

lundi 3 décembre 2007

Nathaniel Mayer, La Maroquinerie, 2 décembre 2007.


Ce qui est agréable avec les grèves (comme celles du mois dernier qui m’ont coûté les concerts de Sharon Jones et d’Interpol), c’est qu’une fois qu’elles sont terminées, on a apprécie de pouvoir se déplacer, sans avoir à galérer des heures, c’est avec plaisir que l’on retrouve ses habitudes tout simplement. Pouvoir voyager assis dans le métro, lire les résultats du basket dans le journal, aller voir Nathaniel Mayer en concert… Une certaine idée du bonheur…

Bref, l’assistance est plutôt clairsemée en ce dimanche soir, Mayer est loin d’avoir fait le plein. A peine une dizaine de personnes traînent dans la fosse de la Maroquinerie (une salle de 500 places). On croise Monsieur Mayer sur le côté de la salle, on se sert la main :

- Monsieur Mayer, c’est un honneur…
- C’est comment ton prénom ?
- Régis et voici mon frère Thomas. J’adore le nouvel album…
- Why don’t you give it to me ? Tu sais petit, c’est la vérité, la vraie vie, Why don’t give it to me ? Ca arrive tous les jours…
- Oui, c’est de la soul music…

Et voilà c’était la leçon de vie de Monsieur Nathaniel Mayer. Un peu plus tard, alors que la salle s’est un peu remplie, le concert commence. Trois musiciens, basse, batterie et guitare, tous trois portant des lunettes, vêtus de jeans, baskets et de tee-shirts à l’effigie du patron. La musique commence, le guitariste le crâne dégarni mais les cheveux longs portant bouc et lunettes à la John Lennon s’approche du micro : « Ladies and gentlemen, from Detroit, Michigan, Nathaniel Mayer » ! On s’y croirait. Mayer fait alors son entrée en scène, claudiquant, marchant à l’aide d’une canne, mais classe dans son costard blanc et chemise bordeaux en soie. Malgré son age et avec tout le respect que je lui porte, Nate, entre-nous soit dit, c’est quand même un sacré lascar. A peine arrivé sur scène il pointe du doigt une jeune pépette en jupe sexy : « Hey young lady, i want dance with you ! » et de la fixer du regard pendant toute la chanson du même nom. La nénette ne sait plus où se mettre. Puis il s’attaque à une autre proie : « Shake your Booty ! ». Avant de la pointer du doigt durant sa nouvelle chanson : « Why don’t you give it to me ? » puis de désigner le mec de la donzelle « You give it to him, she’s making you an happy man »…

Bon arrêtons avec les grivoiseries, par ce que sur scène ça avoine grave ! Détonnant le cocktail blues/soul/rock n’roll. Les musiciens sont particulièrement efficaces, le groupe est très soudé autour du boss en particulier durant son tube de 1962 « Village of love » (« la chanson sur laquelle vous avez été conçus »). Après une trop courte heure d’excellent concert, la soirée s’achève dans la confusion. Nate quitte la scène : « Je reviens dans dix minutes, ne bougez pas, j’ai besoin d’un verre ». En fait la pause s’éternise, Nate improvise une séance de dédicaces près du bar. Les musiciens sont en place pour reprendre quand un employé de la salle débarque : « Ah, non c’est pas possible ! » et de mettre en route un disque. Sur scène c’est la stupéfaction, les musiciens se regardent, s’interrogent du regard, personne ne sait quoi faire. Puis obtiennent de haute lutte le droit de jouer un rappel et commencent à jouer alors qu’un disque est toujours diffusé. Finalement cette bande de petits malins réussira à enchaîner deux morceaux. Et c’est donc sur cette demie fausse note que s’achèvera cette formidable soirée. Maximum respect à Monsieur Nathaniel Mayer qui a assuré malgré sa santé défaillante, qui trahit les années à courir après le pognon.

dimanche 2 décembre 2007

J.J. Cale : Rewind


Rewind est une courte compilation d’inédits de Jean-Jacques Cale enregistrés sur une décennie entre 1973 et 1983. J.J. Cale, c’est une sorte de Monsieur Cool américain qui a commencé sa carrière au début des années 70 alors qu’il avait trente ans bien tassés. J.J. Cale n’a jamais été intéressé par quelque mode que ce soit, qu’il n’a jamais été tenté de suivre. Natif de l’Oklahoma (comme Leon Russell ou The Gap Band) Cale œuvre depuis toujours dans une sorte de folk, teinté de blues et de country fleurant bon le sud. Une musique faisant la part belle au songwriting (il est fort talentueux dans ce domaine).

Dès le début on est dans l’ambiance sudiste, voix traînante, rythme paresseux, arpèges folk. Quelques arrangements country « Waymore’s Blues » ; « My Baby and Me » ou piano jazzy « Guess I Lose » ; « Out of style » viennent égayer les chansons. Le disque est composé pour une bonne part de reprises de Leon Russell, Randy Newman, Waylon Jennings et plus étonnant d’Eric Clapton, qui a construit sa gloire dans les années 70 grâce à des reprises de Cale (Cocaïne…). Les deux hommes ont d’ailleurs récemment collaboré ensemble sur le disque « The road to Escondido ». A bientôt 69 ans (il les aura le 5 décembre prochain) J.J. Cale ouvre les archives d’une œuvre épicurienne et tellurique en forme d’hymne à la gloire de la paresse. Ça fait aussi du bien, parfois.

http://www.jjcale.com/

mercredi 28 novembre 2007

Interpol : Our love to admire Limited edition.


Bien entendu, il n’est ici nullement question de revenir sur la qualité du dernier opus en date du quatuor new yorkais. Plutôt de souligner l’inanité du label qui, un mois avant Noël, nous refait le coup de l’édition limité. Donc, « Our love to admire », le nouvel album d’Interpol, ressort ces jours-ci accompagné d’un DVD live d’une petite demi-heure enregistré à l’Astoria de Londres. Et tant pis pour les amateurs, dont fait partie votre serviteur, qui se sont précipités en juillet dernier sur ledit CD qui était déjà disponible à l’époque dans une autre édition limitée (on finit par s’y perdre !). Alors évidemment, sachant qu’Interpol a toujours rechigné à sortir un DVD auparavant et que le disque bonus est le tout premier DVD live d’Interpol, on se retrouve donc face à un drôle de dilemme, tout tenté que l’on est de racheter un disque que l’on possède déjà. Et rien ne dit que se faisant, on n’est pas en train de faire une connerie, le label pouvant tout à fait sortir l’intégralité dudit concert en DVD d’ici quelques mois (il s’agit là d’une interprétation personnelle et en aucun cas d’une information avérée). A l’heure où on fait grand cas du téléchargement illégal et des possibilités de sanctions, il serait temps de réaliser que ce n’est pas le téléchargement illégal qui tue la musique mais plutôt une bande de baltringues en costumes trois pièces qui dirige l’industrie du disque sans rien n’y comprendre, qui ne respectent ni la musique, ni ceux qui la joue et encore moins ceux qui l’achète. Ces messieurs seraient bien plus à leur aise à vendre des camemberts (ce qui est peut-être la prochaine étape de leur plan de carrière). A bon entendeur…

Track listing DVD : Live at the Astoria (London) : Pioneer to the falls, Narc, The Heinrich Maneuver, Mammoth, Slow Hands, Evil. Bonus : The Heinrich Maneuver (video), No I in threesome (video).

Et pour se consoler de toute cette misère, voici une dernière vidéo, NYC, extraite du concert donné dans le cadre du festival de Glastonbury en 2003. Bon visionnage.

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mardi 20 novembre 2007

Interpol

Pour tout ceux qui, à l'instar de votre serviteur, bloqués par les grèves, ne pourront se rendre demain soir au Zénith voir Interpol, voici un petit cadeau tout droit sorti des archives du Jukebox. Première prestation télévisée des débutants (à l'époque) Interpol sur le plateau de David Letterman. On est en 2002, la chanson s'appelle "PDA" (extraite du premier album "Turn on the bright lights") et on peut aisément remarquer que certains ont pris un petit coup de vieux ! Enjoy !


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Et comme un concert n'est pas un vrai concert sans rappel, voici une autre vidéo (je vous gâte quand même !) toujours extrait du premier album "Turn on the bright lights", "Obstacle 1" cette fois captée sur le plateau de Carson à peu près à la même époque :

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Et pour finir, voici "Slow Hands", extraite d'"Antics", le deuxième album d'Interpol, interprétée live sur le plateau de Jay Leno en 2004 et, toujours extraite du même album, "Evil" live dans l'emission de Jools Holland (l'ancien clavier de Squeeze) :

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dimanche 18 novembre 2007

The Doors : Live in Boston 1970







Boston, 10 avril 1970. The Doors s’apprêtent à prendre d’assaut la paisible capitale du Massachussets le temps de deux sets joués lors de la même soirée marathon. Après les concerts de Detroit et de Philadelphie, le label Rhino continue donc l’exploitation en CD des concerts des Doors de la tournée de 1970. Soyons direct, cette soirée de Boston (quasiment trois heures de musique) est exceptionnelle. Jim Morrisson, complètement bourré, défoncé et peut être même pire encore est totalement parti. Délirant il s’adresse à la foule : Voulez-vous voir mes parties intimes ? Forget about it ! Un peu plus tard : Adolf Hitler est vivant ! Il est homo et j’étais avec lui la nuit dernière ! Bref, passons… L’état de « Jimbo » aidant c’est aux trois autres, soit respectivement Ray Manzarek à l’orgue, Robbie Krieger à la guitare et le batteur John Densmore, de tenir la baraque. Et ce qui se passe est tout simplement incroyable, les morceaux gagnent en longueur, partant dans de longues divagations psychédéliques, comme une vague qui déferle, le son monte en intensité puis redescend puis repart pour un tour et ainsi de suite… Jim Morrisson est dans un état second. L’intro du premier concert est fabuleuse, Morrisson éructe dans le micro, hurle même parfois, les instruments se chauffent, se cherchent, puis trouvent la voie vers « Roadhouse Blues ». La musique claque alors d’un seul coup assez funky. Et les titres de s’enchaîner sans temps mort (ou presque). Les Doors ont-ils jamais été aussi trippant ? Rebelotte avec l’ouverture du second set « Break on through ». Evidemment, les Doors ne seraient pas les Doors sans le blues. Ce dernier est donc loin d’être occulté le long de ces trois CD : « Rock me », « Back Door Man », « Crossroads », « The Spy »… Mais le morceau de bravoure est sans doute, « Light my fire » qui occupe à elle seule la quasi-totalité du troisième disque. Une version fleuve qui enquille en son sein les reprises de « Fever », « Summertime », « Saint James Infirmary Blues » ainsi qu’un « Graveyard Poem » plus ou moins improvisé sur le moment, me semble-t-il. D’improvisation, il en est beaucoup question tout au long de ce « Live in Boston », si on écoute attentivement, on entend les membres discuter entre les chansons, pour décider de ce qu’ils allaient jouer ensuite. C’est frais, spontané, ça fait du bien car c’est un peu ce qui manque dans les concerts d’aujourd’hui calibrés et minutés. Laissons donc le mot de la fin à John Densmore, ainsi qu’il l’affirme dans le livret : « In Vino Veritas » !

http://www.thedoors.com/

samedi 17 novembre 2007

Dave Gahan : Hourglass




Chanteur de Depeche Mode depuis plus de deux décennies, Dave Gahan s’est souvent senti à l’étroit au sein du mastodonte DM. Malaise qui l’ont conduit à des dérives chimiques, alcooliques qui ont bien failli lui faire la peau (Overdose, tentative de suicide). C’est au cours d’une cure de désintoxication que Gahan réalise que la musique est la véritable passion de sa vie et à 40 ans se lance, sur le tard, dans une carrière solo sans pour autant quitter DM. Son premier opus « Paper Monster » sort en 2003. Gahan sans renier l’électro/new wave qui a fait sa gloire y laissait apparaître un amour insoupçonné pour les musiques Noires, blues et soul. L’album, plutôt bon, ne fera pas vraiment l’unanimité chez les fans de DM. Quatre ans plus tard, notre homme fait son retour avec son deuxième disque en solo « Hourglass ». Exit Knox Chandler, guitariste/partenaire dans le crime sur son premier disque, Dave est cette fois ci entouré de Christian Eigner (batteur qui accompagne souvent DM sur scène) et d’Andrew Phillpott. Le trio nous a concocté un album au son beaucoup plus proche du groupe auquel Gahan doit sa gloire. Plus d’une fois on se surprend à penser que l’on écoute un inédit de DM. Dans le genre choc culturel, le premier morceau « Saw something » est étonnant, le solo de guitare y est joué par John Frusciante, le guitariste des Red Hot Chili Peppers. Tout au long de ce « Hourglass », Dave Gahan innove, surprend mais ne déçoit pas.

mardi 13 novembre 2007

STEVANS



Stevans. Fans de power-pop, de Nada Surf, de Death Cab For Cutie, retenez ce nom. Stevans (voir mes messages des 11 mars et 8 avril) est un trio venu de Suisse mais que l’on imaginerait aisément en provenance de Camden ou de Brooklyn. Stevans ou la preuve que la scène européenne ne se résume pas à une poignée de groupes anglais. Interview avec le chanteur/guitariste/pianiste Yvan Franel qui a la gentillesse de se soumettre à la question…

1) Est-ce que tu peux en quelques mots nous présenter les membres du groupe ?
Yvan Franel : John Chirico, batterie, rêveur, concilliant.
Bruno Tancredi, basse, professionnel, têtu, calme.
Yvan Franel, guitare/piano/chant, speed, fonceur, rêveur.
2) Peux-tu nous parler du duo avec le rappeur Big Ali (sur la compilation dis l'heure du hip hop rock 2) ?
Y.F : C'est la production de Passi, (ISSAP) qui nous a contacté pour faire partie de la compile "Dis l'heure du Hip-hop Rock 2". On a passé une journée très chargée pour tout enregistrer, de la batterie à la voix. On est très content du résultat, dommage qu'elle ne soit pas plus exploitée (la chanson). Elle est sur notre page myspace.

3) Avez-vous un contrat de distribution en France ?
Y.F : On est en phase de signer avec un label, mais tant que rien n'est fait, on n'en dit pas plus....

4) Tu écoutes quoi ces jours-ci ?
Y.F : J'ai acheté le nouveau Athlete, Editors, Dead 60's. Sinon, mes dernières découvertes sont un groupe américain incroyable, Mute Math et un groupe anglais dans la lignée de The killers qui s'appelle The Sunshine Underground...Ah oui, j'ai aussi acheté le dernier Kanye West (parce qu'il y a une titre ou Chris Martin, le chanteur de Coldplay chante...:)) et le best-of de A-Ha

5) Il semble que le groupe marche bien en Angleterre, c'est un exploit quand on n'est pas anglophone, non ?
Y.F :
Il y a un petit buzz, mais encore beaucoup de choses à faire, c'est pour ça qu'on y retourne les 5-6 décembre. C'est la capitale du rock'n'roll et c'est très dur de jouer là-bas, mais ça peut valoir le coup. Si tu peux jouer en Angleterre, tu peux jouer partout!!



6) Parles-nous de la scène musicale en Suisse...
Y.F : La scène musicale suisse est très bonne, il y a plein de très bons groupes. Lorsqu'on joue en suisse allemande, on réalise qu'il ne faut pas se limiter à la partie romande, car de l'autre côté de la Sarine, ça bouge à fond! Seul problème à régler encore, les structures et les moyens mis en place pour développer les groupes. Nous le savons, c'est pour ça qu'on part à l'étranger, au maximum, car nul n'est prophète dans son pays...

7) Un nouvel album est-il prévu ?
Y.F :
On est en train de composer, je pense que d'ici 1 an il y aura un nouveau disque, on ne se précipite pas, on veut déjà que l'album actuel marche à l'étranger. Cela dit, on joue déjà des nouveaux titres en live

8) Quand aura-t-on la chance de vous revoir en concert ?
Y.F :
Les dates de concerts sont sur myspace et sur notre site internet, stevans.net. (A Paris le 25/01/08 à l’OPA et le 26/01 au 25 degré est NDA). On devait faire la 1ère partie de Rita Mitsouko cette semaine, avant d'apprendre que leur tournée est annulée car Fred Chichin le guitariste est gravement malade....ZUT!!!! Aussi, on a gagné le concours du Montreux Jazz Festival Off, ce qui veut dire que l'année prochaine on jouera à l'intérieur, avec un groupe connu...on rêve de jouer avec Coldplay!!!!

Propos recueillis par email le 13 novembre 2007.
Et un grand merci à Yvan pour sa gentillesse et sa disponibilité. Thanks, man !

lundi 12 novembre 2007

Editors + The Noisettes, festival des Inrockuptibles, la Cigale, 11 Novembre 2007






Il pleut des cordes en cette fin d’après-midi, alors que l’on patiente le long du boulevard Rochechouart en attendant l’ouverture de la Cigale pour la dernière soirée du festival des Inrockuptibles 2007. On a connu des dimanches plus engageants. Pour les artistes invités, le festival des inrocks doit être un exercice aussi confortable que de marcher sur un fil. Le plateau est copieux (5 groupes ce soir) aussi le temps est limité à une demi-heure par groupe et pas de rappel. Entre chaque set le rideau se referme pendant que les roadies préparent la scène pour le groupe suivant. Pour les spectateurs, c’est un marathon d’environ cinq heures qui commence aux alentours de 18 heures pour se finir vers les 23 heures. C’est aussi, régulièrement, une formule assez frustrante où on passe du coq à l’âne, il faut supporter certains groupes alors que d’autres ne font qu’une apparition trop fugitive. Du goût de trop peu à l’overdose. Ce soir n’échappera pas à la règle alors que la chanteuse Marit Bergman déboule sur scène. Elle a l’air gentille comme tout et très mignonne dans sa robe rouge mais là je ne sais pas pourquoi la pépette a plutôt tendance à m’agacer. Bref, passons. Les choses sérieuses commencent avec Elvis Perkins, le fils de l’acteur Anthony, l’interprète du « Psychose » d’Alfred Hitchcock. Ca fait un petit moment que j’entends le plus grand bien de lui, sans encore jamais avoir eu l’occasion de vérifier. J’ai beaucoup aimé son set, folk roots, guitare acoustique, harmonica, contrebasse, batterie et deuxième guitare. La comparaison est éculée mais c’est Bob Dylan qui vient immédiatement à l’esprit. Avec quelques influences celtes et parfois quelques cuivres. Malgré un rappel en rab, on reste un peu sur notre faim et cet Elvis Perkins mérite bien que l’on s’attarde plus longuement sur son cas. A revoir dans un contexte plus favorable. A oublier par contre le groupe suivant, les gallois de Los Campesinos, plutôt limités et bruyants. Avec de trop rares bonnes idées. Vint ensuite le premier gros cube de la soirée les londoniens de The Noisettes. Ca fait quelques mois que j’ai flashé sur leur premier album « What’s the time, Mr Wolf » dont je vous ai déjà entretenu, sans avoir jusqu’à présent l’occasion de vérifier la chose en live. C’est désormais chose faite. Shingai Shoniwa, sexy en diable dans son body en tulle noire, est une chanteuse remarquable, c’est aussi une véritable liane, une bête de scène qui alterne la basse et la guitare. Qui n’hésite pas à sauter dans la fosse et grimpe sur le dos d’un des spectateurs (veinard !!). Grimpe sur la grosse caisse de la batterie, se roule par terre, chante allongée sur le dos. Plutôt physique les Noisettes. Le batteur Jamie Morrisson et sa tignasse pas possible se tord dans tout les sens derrière son kit parfois il joue à mains nues et frappe du poing les cymbales. Et enfin le troisième larron le guitariste Dan Smith qui part dans des solos sauvages. Par rapport à l’album, le concert me paraît plus brut de décoffrage. Cependant le morceau «Cannot even (Break free) » a pris une toute nouvelle ampleur sur scène : la musique commence avec une batterie jazz avant d’attaquer un pont lourd comme le métal. Un sacré mélange bien à l’image de ce groupe multiracial. Le batteur Jamie Morrisson, particulièrement en forme, fout en l’air sa batterie à coups de pieds. Ca a le mérite de clarifier les choses, c’est clair il n’y aura pas de rappel. Le trio quitte la scène en saluant la foule, se frappant la poitrine le pouce en l’air, ils ont l’air d’apprécier l’ovation du public. Pas facile après ça de passer à la new wave classieuse des Editors (voir mes messages des 6 avril et 18 juillet) et, j’aime beaucoup ce groupe mais on a une fois encore l’impression de passer d’une extrême à l’autre. La Cigale est désormais pleine comme un œuf et réserve au quatuor un accueil triomphal. Le groupe est mené par l’intrigant chanteur/pianiste/guitariste Tom Smith, qui est, paraît-il, plutôt timide et réservé dans la vie et qui se transforme dès qu’il pose un pied sur scène. Cet homme là vit intensément ses paroles et sa musique, fait de grands gestes des bras, grimpe sur le piano et tourne dans tous les sens. Il bouge comme un pantin désarticulé. Le groupe est parfaitement à la hauteur de l’événement et livre un set (à peu près complet) remarquable. Le son est énorme, assourdissant. C’est sur scène que les Editors délivrent leur pleine puissance. Une prestation d’anthologie à graver dans le marbre. Carrée et solide.

samedi 10 novembre 2007

The Sweet Vandals, La Maroquinerie, 8 novembre 2007.







La pluie commence à tomber en ce jeudi soir, aussi je sprinte, et manque de me rétamer lamentablement, sur le pavé humide pour me mettre à l’abri. Et puis, j’ai aussi rendez-vous avec le quintet madrilène de The Sweet Vandals dont je vous ai entretenu un peu plus tôt cette semaine.

Les instruments sont disposés de manière originale, sur le côté gauche de la scène se trouve l’orgue Hammond (garanti vintage) en face et à l’autre extrémité de la scène, la batterie est installée. Dans le fond, deux micros destinés au guitariste et au bassiste et enfin tout devant sur le bord de la scène le micro principal pour la chanteuse. Le groupe se fait comprendre en baragouinant un mélange d’anglais, d’espagnol et de français rudimentaire.

Faisons maintenant un peu mieux connaissance avec nos nouveaux amis espagnols. Au chant Mayka « muy caliente » Edjole, déhanchement très sexy, torride, provocante même quand elle entonne « I got you man ! » pointant du doigt le public ; l’assistance masculine présente approuve et le fait bruyamment savoir. A la guitare José Angel « Yusepe » Herranz, petite teigne, râblé, habile, on lit dans son regard son appétence à bouffer tout le monde. A la basse Santi « Sweetfingers » Martín, le groove fait homme, impeccable. A la batterie Javier « Skunk » Gomez, son association avec Santi Martín laisse rêveur, cet homme là groove, swingue, c’est aussi, accessoirement, le beau gosse du groupe. Et enfin Carlo Coupé à l’orgue Hammond ; inspiré, son orgue déferle tel des vagues sur le rivage. Jouons maintenant à un petit jeu initié par Mayka : dans un premier temps, elle chante « let’s get down, down, down » puis petit s’accroupie, imitée par le bassiste et le guitariste puis par le public. Une fois que tout le monde est genoux à terre, Mayka entonne « let’s get high, high, high… » (Petite variation autour du « take you higher » de Sly Stone) puis tout le monde se remet debout et le groupe de partir en live dans un tourbillon groove terrible, redoutable. C’est une grande ovation et entièrement méritée qu’ont récolté les Sweet Vandals. Ces derniers ont apprécié et l’ont fait savoir saluant la foule en se frappant la poitrine de la main, levant le pouce au moment d’attaquer le rappel. Deux reprises « What’s going on » (Marvin Gaye) et « Papa’s got a brand new bag » (James Brown), on se serait cru (enfin presque) à l’Appollo Theatre au cœur de Harlem !
www.myspace.com/thesweetvandals

mercredi 7 novembre 2007

Wraygunn : Shangri-la




C’est l’événement de l’automne, les Portugais (après les Sweet Vandals, la péninsule ibérique est à l’honneur cette semaine !) de WRAYGUNN sont de retour !!!!! Petit rappel des faits, il y a deux ans, Wraygunn avait mis tout le monde K.O. avec un album, « ecclesiastes 1.11 », ébouriffant, affolant, cocktail unique de rock garage, blues, soul et de gospel. Un album exceptionnel qui est destiné, j’en suis sur, à devenir un classique. Deux années se sont écoulées et « ecclesisates 1.11 » s’écoute toujours en boucle sans donner l’impression d’en avoir fait le tour, tellement le disque regorge d’ingéniosité. Et donc, maintenant se pose l’éternelle et angoissante question, comment donner une suite digne de ce nom à un chef d’œuvre pareil, la barre a été placée sacrément haut. Premier argument en défaveur du gang des Portugais, l’effet de surprise ne joue plus, cette fois le club des sept de Coimbra est attendu au coin du bois. Ce nouvel opus se démarque du précédent, le groupe a abandonné tous ces petits arrangements électro et les scratches, pour se consacrer au Fender Rhodes et à l’orgue Hammond plus roots. Plus de chœur gospel non plus, mais la belle Raquel Ralha et la nouvelle venue Selma Uamusse donnent efficacement de la voix et embellissent les chansons de chœurs inspirés. Paulo Furtado, le chanteur et guitariste, véritable leader du groupe, lâche un peu la bride sur ce nouveau disque et laisse plusieurs membres du groupe, notamment le claviériste Francisco Correia participer à l’écriture des chansons. Mais Paulo reste le grand maître d’œuvre à bord qui a produit le disque et participé à son mixage. Aussi, il faut un peu de temps pour apprivoiser la bête et l’on reste un peu dubitatif lorsque l’on écoute le disque pour la première fois. Mais rapidement la machine tourne à plein régime, la guitare de Furtado est tranchante comme jamais, la magie opère toujours. « Work me out », « Ain’t it nice ?», « Hoola Hoop Woman », « Just a gambling man », « Silver bullets », « Boom-boom ah-ah » sont autant de réussites au fort parfum de revenez-y. L’album se termine par la reprise « No more my Lord », un traditionnel des années 30 comme quoi le gospel n’est pas tout à fait absent du disque. Shangri-la est peut-être un cran au dessous de l’album précédent mais reste une très belle réussite et un sacré accomplissement. Et si le meilleur groupe de rock n’roll était Portugais ?

http://www.wraygunn.com/
www.myspace.com/wraygunn

mardi 6 novembre 2007

The Sweet Vandals




Qu’il est bien loin le trou noir des années 80 et 90, quand la musique noire était au point mort sous le joug « dance » des radios FM. Le temps du Rn’B fumeux et autres new jack foireuses est révolu ! On assiste à une véritable renaissance, la soul, le funk sont tels le phoenix renaissent de leurs cendres. Et j’ai trouvé cette semaine une nouvelle raison de m’ébaudir en la personne des Sweet Vandals. Ces derniers sont espagnols (précisément de Madrid) et sont signés sur le même label que Nicole Willis. Le son est sale, rentre dedans, « down earth », James Brown (époque « Payback ») et les Meters ne sont jamais bien loin. Une efficacité redoutable. Nos vandals sont cinq : guitare, basse, batterie, orgue Hammond B3 et une chanteuse, cousine éloignée de Lisa Kekaula (The Bellrays) et de Betty Davis. Pour évoquer des références plus récentes, on pense au Dap-Kings (le groupe de Sharon Jones) qui auraient échangé les cuivres pour l’orgue Hammond. Quelques titres plus soul « Beautiful », l’instrumental « Nite Lites » donnent un peu d’air. L’album contient 11 titres originaux et 2 reprises, notamment « Papa’s got a brand new bag », le soul brother #1 serait fier.

Cherchez en priorité la version incluant les deux bonus tracks « Too Much » et surtout « Runaway people » avec un plan de guitare rythmique absolument dingue. Gros coup de chaleur à prévoir à l’écoute de ce disque !

www.myspace.com/thesweetvandals

lundi 5 novembre 2007

Joss Stone, le Grand Rex, 4 novembre 2007.


Si je suis parfois très critique envers la jeune Joss Stone (elle vient d’avoir 20 ans cette année), c’est avant tout par ce que j’ai du mal à comprendre comment elle a pu en arriver là. Joss a débarqué comme par effraction en 2003 sur la scène soul (elle avait à peine 16 ans). Sur la foi d’un premier album d’excellente facture (the soul sessions), tout le monde était persuadé que l’on tenait là une nouvelle soul girl blanche. Il n’en est plus vraiment question puisque la suite (soit deux albums), entre rock FM et R n’B un peu trop estampillé ado/MTV pour mon goût personnel, n’a jamais retrouvé le sel qui faisait le charme du premier disque. Elle a beau avoir retrouvé un semblant d’inspiration sur quelques titres de son dernier disque (Introducing) grâce à son association avec le producteur Raphael Saadiq (un ex-Toni, Tony, Tone et Lucy Pearl) l’ensemble reste trop aseptisé pour moi. Aussi je n’attendais pas grand-chose de son passage au Grand Rex, ou je suis plus allé par curiosité qu’autre chose. Et aussi après l’avoir vu chanté sur Arte dans l’émission « One Shot Not » ; même si l’emballage ne me convient pas vraiment la princesse aux pieds nus a quand même un joli grain de voix.




Le Grand Rex donc est un cinéma, une salle de concert et une boîte de nuit. La salle est toute en verticalité, la vue est assez impressionnante des derniers rangs en plongée vers la scène. Les murs latéraux sont décorés de façades factices agrémentées de faux palmiers et de quelques statues. Un grand demi cercle rouge en délimite la scène en hauteur jusqu’au plafond. Joss est en formation « big band » ce soir : trompette, saxophone, batterie, trois choristes (2 femmes et un homme), deux claviers, basse et enfin last but not least Mr Cool, Raphael Saadiq à la guitare. Comme d’habitude, très classe le Raphael : costume avec gilet et sans veste, chemise bleue, cravate assortie et chapeau. C’est une excellente surprise, le son est beaucoup plus naturel que sur l’album, moins d’effets tapageurs, plus soul. Les meilleurs titres sont quant même extraits du premier disque : « Super Duper Love » et « Felt in love with a boy ». Saadiq est plutôt inspiré à la guitare lorsque l’occasion lui est donnée de briller, ce qui n’arrive quand même pas souvent. La prestation pourrait être taxée au minimum syndical, un set d’une heure et deux rappels. C’est sympa comme soirée mais ça ne remue pas la petite cuillère plus que ça. Le terme « génie » n’a définitivement pas sa place ici.

jeudi 1 novembre 2007

Raul Midon : A world within a world.


J’ai fait la connaissance de Raul Midon, complètement par hasard, dans une chambre d’hôtel sordide de Chicago, par écran de télévision interposé où il chantait en live et solo son nouveau titre « pick somebody up ». J’ai été immédiatement soufflé par la classe et la maîtrise du bonhomme. Raul Midon, c’est le pendant masculin de la nouvelle génération de chanteuses soul (Sharon Jones, Joy Denalane et Nicole Willis voir mes messages des 14 janvier et 28 juillet) que j’évoque souvent sur cette page. Raul Midon qui sort ces jours-ci son nouvel album « A world within a world » ; un monde à l’intérieur d’un monde, référence directe à la cécité de l’auteur. Raul et sa guitare folk c’est un peu le croisement entre l’extravagance pop d’un Stevie Wonder (qui a joué de l’harmonica sur « State of mind », le disque précédent de Midon) et l’acoustique chère à Terry Callier. Tout au long de cette courte collection de chansons, Midon fait montre d’un talent certain pour trouver ces « hooks », ces petits refrains pop/soul que l’on ne peut s’enlever de la mémoire. Beau talent vocal également, tous les solos de trompette que l’on croit entendre (« pick somebody up » ; « all the answers ») sont en fait Midon, qui imite l’instrument avec sa voix. L’affaire est sacrément bien engagée les quatre premiers titres sont superbes : « pick somebody up », « save my life », « all the answers » et le gospel a cappella « ain’t it happened yet ». Sur ce nouveau disque Midon rend aussi hommage à ses racines d’Argentine avec une chanson en espagnol « Caminando » et « Tembererana » au rythme latin. Hélas, triple hélas ce qui a débuté comme un chef d’œuvre, futur classique se termine en queue de poisson. Arrivé à mi-parcours, Midon se perd en cours de route et adopte les rythmes et les tics agaçants du R n’B contemporain assez éloigné de mes goûts personnels. Dommage, mais « a world within a world » n’est reste pas moins un album encourageant de la part d’un artiste en devenir.

http://www.raulmidon.com/
www.myspace.com/raulmidon

mercredi 31 octobre 2007

Puscifer : V is for Vagina






Maynard James Keenan est, avec Anton Newcombe leader du Brian Jonestown Massacre, l’un des personnages les plus intriguants du rock US. L’homme donne de très rares interviews, n’apparaît jamais en photo sur les pochettes de ses disques, très rarement dans les clips et, en concert, chante parfois en tournant le dos au public. Disons qu’il fait partie de ces artistes qui préfèrent être écouté plutôt que vu. Ce qui dans le fond, n’est peut-être pas plus mal. Maynard James Keenan se divise en trois, le premier est chauve et depuis 1992 est le leader de TOOL, le groupe métal le plus intéressant de sa génération.

Tool débute donc à l’orée des années 1990, son premier EP Opiate, sorti en 92, est dans la lignée « grunge » de l’époque. Rapidement Tool sort de la masse, leur batteur Danny Carey part en Inde où il apprend à jouer des tablas, ces percussions locales, qui deviennent l’un des éléments marquants du « son TOOL ». Les compositions de Tool sont assez denses, avec de longs passages instrumentaux plutôt planants et assez complexes qui alternent avec des déflagrations d’agressivité pure. Un groupe assez difficile d’accès mélangeant des influences psychédéliques, rock progressif et métal gothique. Et puis il y a la voix de Keenan, dotée d’indéniables qualités mélodiques, capable de hurler, fort bien au demeurant, dans le mic mais aussi de chanter avec une palette très large des aigus aux graves.

Le deuxième Maynard est affublé d’une perruque postiche à la Nosferatu et chante dans le groupe A Perfect Circle. APC sort son premier album en 1999 alors que Tool, bloqué dans une impasse juridique avec sa maison de disque, ne peut sortir d’album. A Perfect Circle est beaucoup plus accessible que Tool, distille une imagerie moins malsaine. Hybride métal/new wave assez proche des Smashing Pumpkins (le guitariste James Iha a joué avec les deux groupes). Les deux premiers albums d’APC, « Mer de noms » et « Thirteen Step » sont superbes de colère rentrée avec une tension qui va crescendo. Malheureusement les choses se sont quelque peu gâtées avec « eMOTIVe » le troisième album bâclé, composé de reprises autour des thèmes de la paix et de la guerre où le groupe réussi l’exploit (vain) de rendre cohérent un agrégat d’auteurs compositeurs qui va de Marvin Gaye à John Lennon en passant par Martin Gore (Depeche Mode). Il semble que ce disque (le dernier en date) soit sorti à la va vite, pour se débarrasser d’un contrat avec un label…

Enfin le troisième Maynard est l’unique membre clairement identifié du collectif Pusicfer qui vient de sortir son premier disque « V is for Vagina » (est-il vraiment besoin de traduire ?). Plutôt du genre hyper actif, Keenan, car aucun de ses deux précédents groupes n’est officiellement séparé. Ou trouve-t-il le temps d’enregistrer tous ces disques, sachant qu’en plus il est propriétaire de vignes, producteur de vin et qu’il possède plusieurs galeries d’art contemporain à Los Angeles. Maynard délaisse ici les guitares pour des sonorités plus électro parsemées ici et là de décharges électriques qui nous replacent en terrain connu. Une fois encore sa voix est l’élément qui nous frappe le plus à l’écoute du disque, mélodique sur le très beau « Rev 22 :20 » dans une version au piano assez différente de celle entendue en avant première sur les BO des films « Underworld » et « Saw II », et méconnaissable, très basse dans les graves sur l’excellent premier single « Queen B » et sa rythmique efficace ainsi que sur le très bel acoustique « Momma Sed ». Un album de saison, sorte de bande originale sortie tout droit d’un nanar horrifique. Happy Halloween à tous.

dimanche 28 octobre 2007

PAUL COLLINS’ BEAT







Au Royaumes des Losers, Paul Collins est le champion du monde. Comme beaucoup de belles histoires musicales, la sienne commence dans la belle ville de San Francisco où Paul Collins, alors âgé de 18 ans fonde son premier groupe, le power trio, The Nerves. Aujourd’hui il faut une patience de philatéliste pour retrouver la trace des Nerves, le groupe n’a jamais été signé, n’a jamais enregistré d’album, seulement deux EPs qu’ils vendront après les concerts. Pourtant The Nerves trouvera un petit bout de gloire sous le soleil lorsque leur titre « Hanging on the telephone » deviendra un tube…. Repris par Blondie. Sauf qu’Hanging on the telephone n’a pas été écrite par Paul Collins mais par Jack Lee. Loser vous avez dit loser ? Paul Collins n’aura pas plus de chance avec son groupe suivant The Beat rebaptisé plus tard Paul Collins’Beat. Les débuts furent pourtant encourageant, le premier album éponyme sort en 1979 sur la major Columbia et est produit par Bruce Botnick, connu pour son travail avec les Doors. On a connu pire. L’album se vend très mal. Et pourtant, Collins met au point un son extrêmement novateur pour l’époque. C’est lui qui a inventé ce son « power pop » à base de guitares sur vitaminées au service d’un talent certain pour la composition de standards de moins de trois minutes. Lorsque l’on écoute le Paul Collins’ Beat on ressent une étrange impression de familiarité sans pourtant connaître les chansons. Normal des tonnes de groupes ont décroché la timbale en pompant tous ses plans. The Knack par exemple fera un tube avec « My Sharona » que Paul Collins aurait pu composer par dizaine. Plus proche de nous, on est en droit de penser que Weezer ou American Hi-Fi doivent une fière chandelle à Paul Collins. Lequel n’en a pas fini avec ses ennuis puisque le deuxième album de son groupe « The kids are the same » n’aura pas plus de succès que le premier. S’en est trop pour la major Columbia qui fout Collins dehors. S’en est trop également pour Collins lui-même qui quitte Los Angeles pour s’installer en Europe, en France dans un premier temps, qui l’abrite le temps de deux maxis de son groupe, les derniers du Beat.


Aujourd’hui Paul Collins s’est fixé définitivement en Espagne, pays ou il jouit d’une côte de popularité inédite, après les attentats du 11 septembre 2001. Il enregistre en solo des albums plutôt folk-country et tourne avec une nouvelle mouture du Beat entièrement composée de musiciens espagnols (un passage en février dernier à la flèche d’or, je m’en mords encore les doigts de l’avoir raté). Paul Collins est également particulièrement actif sur la toile et crée de nombreuses pages pour promouvoir son œuvre, trois myspace différents, des pages entières sur youtube, daily motion et même amazon. En sus d’un site internet particulièrement fourni.

http://www.paulcollinsbeat.com/

mardi 23 octobre 2007

Jesus « Sixto » Rodriguez, génie oublié des sixties.







L’histoire est injuste. Le succès mal foutu. Comment expliquer que certains accèdent à une célébrité superfétatoire en s’agitant le popotin sur des plateaux télé scabreux du samedi soir alors que d’authentiques talents restent dans l’ombre des décennies durant. La reconnaissance. Certains courent après toute une vie. Pour d’autres, elle tombe toute cuite. Sixto Rodriguez est originaire de Detroit dans le Michigan où il est né le 10 juillet 1942. Rodriguez a enregistré en tout deux albums studio « Cold Fact » sorti en 1970 et « Coming from reality » publié un an plus tard. Devant l’absence totale de succès sa maison de disque l’a jeté comme un malpropre. Sixto n’a jamais tourné aux Etats-Unis, n’a pas participé aux agapes des différents festivals hippies (Monterrey, Woodstock, Isle de Wight…), il est largement méprisé sur sa terre natale et complètement inconnu en Europe. Peut-être était-il trop en avance sur son temps. On pense qu’une décennie n’a plus rien à offrir, que l’on a tout entendu, que tout a été réédité en double voire triple bonus, et là l’air de rien un Sixto Rodriguez vous tombe dessus, tombé du ciel. Sa musique est indéfinissable. Prenez à la base un songwriter folk, ajoutez-y la grandiloquence typiquement Beatles des arrangements psychédéliques (époque Sgt Pepper), une dose de free-jazz à la soft machine / sweet smoke (album « just a poke ») et une petite touche rythm n’blues pour la bonne note groove. Et voilà vous obtenez Sixto Rodriguez. Les échos de « Sugar Man », la ligne de basse d’ « I Wonder » n’ont pas fini de vous hanter. Comment ce type a-t-il pu à ce point passer à côté du succès ? Enfin pas tout à fait puisqu’il est une authentique star en… Afrique du Sud et en Australie ! D’ailleurs il s’agit des seuls pays où son œuvre en disponible en CD. Et encore pas complètement seul son premier album « Cold Fact » a été réédité. Il existe également un best of (pour un artiste qui n’a enregistré que deux albums !!!) qui malgré les doublons (6 titres sont sur les deux CD) est indispensable, les 5 titres restants sont de vrais pépites. Plutôt que de publier une compilation, le label aurait plus inspiré de rééditer son deuxième album « Coming from reality » qui a ma connaissance est inédit en format CD. Mais enfin que voulez-vous, l’industrie du disque marche sur la tête et bien souvent au détriment des authentiques passionnés, mais il ne s’agit ici que du premier chapitre d’une interminable diatribe, alors arrêtons-nous là et écoutons Jesus Sixto Rodriguez, génie oublié des sixties.

http://www.sugarman.org/

dimanche 21 octobre 2007

Foo Fighters : Echoes, Silence, Patience & Grace.



Douze ans de rock avec les Foo Fighters (les soucoupes volantes). Douze années se sont écoulées depuis que Dave Grohl a fondé le groupe sur les cendres de Nirvana, dont il fût le batteur. Dix ans après leur deuxième album « The color and the shape », que beaucoup considèrent comme leur meilleur, les foos retrouvent le producteur Gil Norton (Pixies) qui leur a fait un son tranchant comme jamais. Ce nouvel opus est leur album le plus équilibré. Sans rien renier de leurs influences punk/métal/pop, ce qui est déjà un sacré cocktail en soi, les fighters agrémentent le tout de guitares acoustiques et de piano. Ce qui est finalement dans la continuité du double album précédent « In your honor », divisé en deux disques, l’un acoustique, l’autre électrique. « Come alive » est assez représentative de ce style, le titre commence comme une ballade acoustique avant de déraper dans un final metal. Autres grandes réussites du disque l’agressive « Let it die » et la délicate « Stranger things have happened ». Mention particulière pour « Cheer up, boys » pop et entraînante ainsi que pour « Summer’s end », leur titre le plus roots à ce jour. Douze ans de rock dans la vie des Foo Fighters, douze ans de rock dans votre existence et dans la mienne.

http://www.foofighters.com/home

samedi 20 octobre 2007

Bettye LaVette : The scene of the crime.


Le retour sur les lieux du crime. La scène du crime c’est le studio Fame à Muscle Shoals en Alabama. C’est là, il y a 35 ans (en 1972) que la native de Detroit a enregistré son premier album « Children of the seventies ». L’album n’est officiellement sorti qu’en l’an …. 2000 grâce au français Gilles Pétard. Dans l’intervalle, la vie, la carrière de LaVette a pris une tournure incroyablement compliquée. Des années à chanter dans l’anonymat de pizzerias et autres bouges. Une carrière brisée qui n’a repris son élan que depuis l’an 2000. Et enfin un début de reconnaissance. C’est dans ces épreuves que Bettye a trouvé sa Voix, son chant incroyable de sincérité et d’émotion. Une voix qui remet à sa place, et de beaucoup, toutes les jeunettes de 20 ans, qu’elles se nomment Amy Winehouse ou Joss Stone, dont on fait grand cas à l’heure actuelle. L’authentique soul elle se trouve dans le chant de Bettye LaVette. Sur ce nouvel album, Bettye est accompagné par le groupe de rock sudiste Drive-by truckers. D’où cette tonalité country et blues plus accentuée (encore que) que d’habitude typiquement sudiste. Autre joueur majeur sur l’album le légendaire pianiste Spooner Oldham un habitué des lieux qui a joué pour des gens aussi divers que Candi Staton, Bob Dylan, Neil Young. Et qui a sorti, avec son compère Dan Penn, un admirable album « moments from this theatre » qui est également son seul disque. La paire Penn/Oldham est d’ailleurs responsable du « A woman left lonely » chanté par Janis Joplin et de la fameuse « dark end of the street » (James Carr). Une sacrée pointure donc. Et l’alchimie fonctionne à merveille…

mardi 16 octobre 2007

Sharon Jones & The Dap-Kings : 100 DAYS 100 NIGHTS.



Enfin le grand retour de Sharon Jones ! Sharon est à la soul music et au rythm’n’blues ce qu’Oasis, Lenny Kravitz ou bien encore les Black Crowes furent au rock. A savoir une plongée dans les années 60 une recréation d’un groove « à l’ancienne » que l’on croyait perdu à tout jamais. Sauf que Sharon, désormais quinquagénaire, aurait, dans un monde parfait, déjà fait une longue carrière. Il n’en est rien puisque les aléas de l’existence ont fait que « 100 days 100 nights » n’est que le troisième album de la soul sister #1. Enfin le quatrième si l’on tient compte de son premier disque « Let’s Get a Groove On » introuvable et véritable éden des collectionneurs (même moi je ne l’ai pas, c’est dire !). Bref, notre soul sister #1, tient son surnom de la ville d’Augusta en Georgia, son lieu de naissance, qu’elle a en commun avec le soul brother #1, Mister James Brown. Très vite elle déménage à New York avec ses parents et chante le gospel à l’église le dimanche matin. Puis s’engage dans une vie faite de petits boulots, entre autres à la prison de Rikers dont elle fut gardienne et chante lorsqu’elle en a le loisir. Et réussi finalement a se faire embaucher comme choriste de Lee Fields puis à se lancer en solo. Musicalement, les dap-kings sont toujours aussi impeccables et distillent ce groove que l’on jurerait d’époque. Les grandes influences de Sharon sont Tina Turner, Otis Redding et James Brown. Après un premier morceau plutôt gospel, c’est une nouveauté chez elle, les pépites funk s’enchaînent sans temps mort. Inutile d’entrer dans une énumération vaine, tout est impeccable, ce disque est fait d’une matière rare, celle qui s’attache aux oreilles et refuse de quitter la platine. Achetez-le c’est plus simple.
http://www.daptonerecords.com/
http://www.teraterre.com/