lundi 11 décembre 2017

The Liminanas : « Istanbul is sleepy »



En collaborant avec le grand Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre), les Liminanas ont eu l'idée de génie du siècle ! Rien de moins ! Ce nouvel EP procède de la fusion des influences. En effet, basée sur les boucles, la transe, la répétition la musique des Liminanas trouve son complément idéal dans les guitares fuzz psyché/garage/sixties de Newcombe, qui apporte au groupe l'immédiateté rock n'roll qui jusqu'ici leur faisait défaut (et qui fait qu'on n'avait jamais vraiment accroché au groupe). La personnalité de Newcombe est tellement forte qu'elle irradie littéralement sur la musique, lui apporte sa couleur si spécifique, au point que lorsqu'Anton prend le micro (si, si) on croit même écouter un inédit du BJM ! A noter, « Nuit fantôme », ou le parlé/chanté de Lionel ressuscite le Gainsbourg de « Melody Nelson » en version garage rock. Vivement l'album, « Shadow people » dont la sortie est prévue pour le 19 janvier prochain ! 

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dimanche 10 décembre 2017

Mighty Mo Rodgers & Baba Sissoko : « Griot Blues »



La chose est connue des exégètes depuis longtemps. Si le blues était un arbre, ses racines le ramènerait immanquablement en Afrique. Question de tradition orale mais aussi de rythme. Une évidence que deux artistes, l'Américain Mighty Mo Rodgers et le Malien Baba Sissoko, se font fort de remettre au goût du jour. Embarquant l'auditeur dans un grand voyage transatlantique, en gros « Mali to Mississippi » comme ils le chantent si bien, les deux hommes fusionnent leur univers musicaux. La forme change, le fond reste le même et le tout dépasse le simple idiome ternaire, lequel prend des nouvelles couleurs grâce aux instruments traditionnels (ngoni, tamani) du Malien (magnifique « Nalu »), pour se permettre une extension jusqu'au reggae (« Shake' Em up Charlie ») et au jazz (la très belle "Drunk as a skunk", "What is the color of love"). Un superbe voyage en musiques où la dextérité des musiciens est mise au service de la fraternité.

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Cécile McLorin Salvant : « Dreams and Daggers »



Magnifique chanteuse, Cécile McLorin Salvant, continue son ascension avec ce nouvel album, une pièce maîtresse de plus dans sa discographie courte (quatre albums) mais, jusqu'ici, sans fausse note. Ce nouvel effort est donc double et a été en partie enregistré en concert au mythique Village Vanguard et au DiMenna Center de New York. Ce nouveau double album s'impose à la fois comme un panorama et une synthèse de tout l'art de la chanteuse ; un disque somme enregistré avec son trio de scène : le pianiste Aaron Diehl, le contrebassiste Paul Sikivie et le batteur Lawrence Leathers. Les trois hommes créent ainsi, titre après titre, le cocon idoine pour la chanteuse caméléon, qui donne de la voix, douce et langoureuse (« Tell me what they're saying can't be true »). Les trois musiciens possèdent un art du swing, du changement de tempo allant du ralentissement à l'accélération subite, de la tension/détente qui prend tout son sens sur quelques pièces magnifiques (« Somehow I never could believe », « Nothing like you », « If a girl isn't pretty »). L'écrin est alors parfait pour la chanteuse qui exploite à merveille sa tessiture à la fois touchante, drôle (« You've got to give me some ») ou sexy. Sur quelques titres, enregistrés en studio, le trio est accompagné par du quatuor de cordes Catalyst Quartet apportant une note classique et majestueuse à la musique (« And yet », « You're my thrill », « The Worm »). A noter enfin un clin d’œil de la chanteuse, qui a en plus le bon goût d'être parfaitement francophone, à la langue de Molière le temps d'un « Si j'étais blanche ». Derrière sa facture classique, se cache une petite pépite propre à faire voyager l'auditeur dans un univers maintes fois fantasmé : New York, le club de jazz enfumé, les briques rouges, la nuit tout ça... Dès lors une seule conclusion s'impose, en forme de regret, quel dommage de ne pas avoir assisté au concert. Heureusement les albums sont là pour graver dans la cire ces instants d'éternité…

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jeudi 7 décembre 2017

Crowdfunding Mathis Haug

Le très talentueux Mathis Haug est à Memphis et il espère revenir avec un vinyle dans sa valise...
Tout est expliqué en cliquant sur le lien ci-dessous :

Lien Kiss Kiss Bank Bank

mercredi 6 décembre 2017

Next Faciès du 13 au 21/12 au festival Les Aventuriers


Et de trois ! Après la Galerie Stardust et le Studio des Variétés, la série de photographies "Next Faciès", consacrée à la jeune scène française, du photographe Séverin (également ex-bassiste des Parlor Snakes) sera exposée dans le cadre du festival les Aventuriers du 13 au 21/12 à Fontenay-Sous-Bois (94).

mardi 5 décembre 2017

Nuits Blondes, Péniche Antipode, 04/12/2017


La petite péniche, alternative et indé, est bien remplie ce soir pour accueillir Nuits Blondes. Le concert commence alors avec deux musiciens, guitariste et batteur, bientôt rejoint par le reste du groupe. Le duo commence par poser l'ambiance instrumentale et rêveuse. Tout Nuits Blondes est résumé là. Au-delà de la musique, le groupe instaure un climat, une atmosphère. Un groupe méticuleux pour une proposition musicale des plus abouties. Dans ce contexte, rien n'est gratuit, chaque geste compte, les notes mais les silences aussi. On est rapidement estomaqué par la dextérité de l'ensemble, l’entrelacs des guitares qui se croisent et le dialogue entre les instruments où chaque espace est crucial. Sur scène les musiciens semblent comme possédés, dans un état second, la musique gagne en densité, en intensité. La musique exhale par chaque pore, on sent le résultat des heures de répétition. Le chanteur, qui se tient comme un boxeur, frappant avec ses mots, nous épate. Le contraste est saisissant entre son apparence juvénile et son timbre de voix grave (qui ne laissera personne indifférent), comme modulé par le tabac, qui sonne comme celui d'un type d'une cinquantaine d'années. La musique fait le grand huit entre longues plages planantes et brusques accélérations dans les décibels, portée par un batteur aussi véloce que carré. La réponse du public est immédiate : les applaudissements résonnent comme dans une grande arène en dépit de la jauge plutôt réduite de l'endroit. Dans un monde parfait, ce groupe ira loin…

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dimanche 3 décembre 2017

Whose streets ? De Sabaah Folayan et Damon Davis



Capitale Risque est une manifestation d'un genre hybride consistant à organiser des projections de films indépendants dans le cadre des festivals musicaux. Pour sa première édition, Capitale Risque s'est associé au festival Paris Hip Hop winter et c'est grâce à son entregent que l'on a pu assister, dans la magnifique salle du Max Linder Panorama, à l'avant-première de « Whose Streets ? » (à qui appartiennent les rues), un documentaire réalisé par Sabaah Folayan (présente dans la salle) et Damon Davis. 

Le décor est planté à Ferguson, Missouri, au cœur de l'été 2014. Michael Brown, un ado est assassiné par la police. Le fait divers a fait le tour du monde et a été le point de départ d'émeutes et d'un mouvement qui a duré bien longtemps après le forfait initial. Plus que le drame sordide, c'est ce mouvement que suit la caméra des deux réalisateurs à travers les yeux de quelques témoins clés dont la conscience s'est éveillée après la tragédie. Différence fondamentale avec le mouvement des droits civiques des années 1960, il ne s'agît plus de faire reconnaître une égalité de droits mais simplement de survivre ; il y a, littéralement, mort d'homme, dans la rue et en plein. Sorte de documentaire 2.0, le métrage aligne les images chocs, parfois filmées à l'arraché au portable, les tweets et alterne avec les confessions et états d'âmes, face caméra des témoins. L'omniprésence de la petite enfance, car tous nos protagonistes sont aussi des parents, apporte une lueur d'espoir alors que la détresse de la famille du défunt est poignante. Le spectateur ressent ainsi toute la tension, le face à face en pleine rue avec les forces de l'ordre (et parfois sous des décorations de Noël, détail cruellement ironique) alors que les moments plus intimes apportent un contrepoint, allant ainsi du chaos à la douceur et vice-versa. La formule « coup de poing » est, certes, éculée mais s'impose ici avec toute sa vigueur.

La soirée s'est achevée avec le témoignage, d'Assa Traoré, la marraine de cette première édition, qui a raconté, dans un impressionnant silence, le combat de sa famille depuis le décès de son frère Adama, mort étouffé au cours d'une arrestation de la Gendarmerie nationale, le 19 juillet 2016, jour de son vingt-quatrième anniversaire.
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Little Sam Blues Band



Lorsqu'il nous avait envoyé son disque, Samuel « little Sam » avait pris le soin de laisser un petit mot à notre attention, nous mettant en garde : « C'est du blues, du lourd, du brut » ! Et en effet, il souffle comme un petit air du Mississippi sur cet album et le label Fat Possum, en particulier, n'est jamais bien loin. Ce blues gras, électrique qui donne le tournis à l'auditeur par le biais d'une guitare répétitive et hypnotique. Impression encore renforcée par le choix des reprises R.L Burnside (deux titres) et Junior Kimbrough (un titre) en tête. Pourtant aussi vraie soit-elle, l'analyse est trop restrictive (« Goin' down south »). Au-delà de la puissance brute, ce qu'on retient surtout du disque c'est le feeling, les licks d'harmonica inspirés de Jean-Marc Henaux (un ex-Shake Your Hips) et le groove léger dont fait preuve la section rythmique (cf. « I feel so good » de Muddy Waters). Ainsi derrière sa facture classique, l'album révèle de très beaux moments de blues qui ont le don de faire voyager l'auditeur. On se prend ainsi à rêver du Sud et des juke joints et l'on mettrait notre oreille à couper que le disque a effectivement été enregistré sur place. C'est toute la beauté de la chose, le voyage immobile, le film sans image, tout cela rendu possible par la grâce de quelques notes jouées, soufflées avec inspiration. A noter, deux très belles compositions originales de Samuel : « First time I heard the blues » et « Hoodoo Man » où l'on ressent dans le geste et dans la voix éraillée de Samuel toute la passion des trois musiciens.

http://www.littlesambluesband.com/
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Robin Trower : « Time and emotion »



Toute la carrière de Robin Trower repose sur une confusion : sa participation au (mythique) Procol Harum (« A whiter shade of pale ») entre 1967 et 1972. Il n'en fallait pas plus pour classer le guitariste comme « psychédélique » alors que, dans le fond, il reste fondamentalement un bluesman. Un bluesman qui, une fois sa carrière lancée, en 1973, a du se coltiner une image de « descendant de Jimi Hendrix » basée sur sa maîtrise, consommée, de la guitare wha-wha (cf. son magnifique album live de 1975). Pas faux mais trop réducteur. A 72 ans, toujours bon pied bon œil, Trower maintient le cap et reste un musicien prolifique, qui sort son troisième album depuis 2015 et le trentième et quelque au total ! Une petite nouveauté tout de même, après s'être longtemps appuyé sur des compétences extérieures, et laissé sa guitare parler pour lui, Trower assume désormais le chant (c'était déjà le cas en 2015). Pour un musicien aussi modeste et réservé que lui, c'est une petite révolution copernicienne. Pour le reste, Trower reste un guitariste fin, habile et élégant. La formule du trio, adoptée depuis longtemps, lui va à ravir. Se basant sur une rythmique sobre et sans artifice, Trower a le champ libre pour laisser sa guitare divaguer le long de longues plages blues et psychédéliques. Ainsi, son jeu se révèle particulièrement expressif. Quelque notes éparses, débordantes de feeling, lui suffisent pour instaurer une ambiance, un climat (« Returned in kind ») souvent marqué par la mélancolie et l'art de prendre son temps : serait-ce une conséquence de l'âge et des années qui passent ? Appelons cela un musicien inspiré, imperméable aux modes et dont le nom reste un gage de qualité.

Www.robintrower.uk
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samedi 2 décembre 2017

Concerts de Noël de Liz McComb


Dans la foulée de la sortie de son nouvel album de Noël, la magnifique Liz McComb sera en concert les 8 et 9 décembre dans le cadre, rare, de l'Eglise Saint-Sulpice. De quoi nous réconcilier avec les fêtes de fin d'année...

jeudi 30 novembre 2017

La Féline : « Royaume EP »



Dans la foulée de son magnifique « Triomphe », La Féline est (déjà) de retour avec cette nouvelle livraison de quatre titres. Un disque scindé en deux, marqué par des collaborations avec Lætitia Sadier (la française ancienne chanteuse de Stereolab dans les 90s) et le compositeur « électronicien » Mondkopf. Des rencontres judicieuses qui ont fait sortir l'artiste de sa zone de confort. Ainsi, le résultat est sensiblement différent du dernier album tout en sonnant familier. Avec ce nouvel EP, plus que jamais, l'univers artistique de La Féline est marqué par l'entre-deux. Entre français et anglais, par le biais de la présence de Lætitia, entre électrique (« Le Royaume ») et électronique (« Comme un guerrier »), entre douceur mélodique et charge puissante, voire violente de l'électronique (cf. la reprise en deux parties de « Comme un guerrier » de Gérard Manset, qui caresse l'oreille avant de la fouetter). La Féline produit une musique mouvante, toujours en mutation, qui n'a certainement pas fini de nous surprendre et dont cet EP n'est que l'amuse-bouche.

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mercredi 29 novembre 2017

The Last Shadow Puppets : « The dream synopsis EP »



Synopsis de rêve : dans la foulée de leur dernier album, The Last Shadow Puppets nous gratifient d'un EP bonus surprise qui s'ouvre et se referme sur deux titres dudit album : « Aviation » et « The Dream Synopsis » en mode torch song jazzy. Les quatre autres titres voient le groupe renouer avec ses racines rock psychédéliques avec une bonne dose de guitares et de batteries frénétiques. Un pur jet de rock n'roll, parfois au bord de l’hystérie (« Totally Wired »), on n'en attendait plus autant d'un groupe n'ayant pas toujours bien maîtrisé les embardées, et les arrangements, de son précédent album. Un EP de seulement six titres certes mais à ne pas négliger pour autant, car il voit le groupe atteindre un point d'équilibre entre fureur rock n'roll et arrangements ambitieux, à la fois classieux (« Is this what you wanted », « The dream synopsis ») et complètement barrés (« This is your life »). A noter la reprise baroque des « Cactousse » (cf. les « Cactus » de Jacques Dutronc) par un groupe ne parlant absolument pas français (et ça s'entend) et la classe toute britannique et un peu inquiétante de « Is this what you wanted ». Court mais excellent.

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mardi 28 novembre 2017

Amone



Composé de la chanteuse Olivia et du batteur (et compositeur) Sam, le duo Amone sort son premier EP. Frais et enlevé, à l'image de sa pochette estivale, cette première livraison marque la rencontre, forcément pop, entre le timbre mélodique d'Olivia et les compositions, marquées par les années 80, sans que cela soit rédhibitoire, de Sam. Egalement batteur, ce dernier impulse un groove bienvenu à la musique. Ainsi les années 80 ne sont qu'une influence parmi d'autres, faisant son apparition à travers une ligne de synthé kitsch mais craquante quand-même. La formule fonctionne particulièrement bien sur le, très entraînant, premier titre « All the same ». La ligne de basse énorme d' « Hello Sunshine » fait son petit effet aussi. A découvrir…


lundi 27 novembre 2017

ICONOW du 1/12 au 31/01/2018



L'espace Sunlee Howard du bon marché rive gauche accueille une nouvelle exposition mêlant op art et musique (en détournant des pochettes de disques) de l'artiste Christophe Lavergne (Restez vivants !)

Vernissage le 30/11 de 18h30 à 20h00.

Sunlee Howard
Le Bon Marché
24 rue de Sèvres 75007 PARIS




samedi 25 novembre 2017

Dhani Harrison : « In///Parallel »



Reprendre à son compte l'héritage des Beatles ? Très peu pour lui… Après de multiples participations dans des groupes et quelques hommages rendus à son illustre père, le copieux George Fest notamment, Dhani Harrison (le fils de George) s'émancipe. Dhani flirte maintenant avec les sonorités électro dont la stridence nous étonne parfois (« #WarOnFalse », « Ulfur Resurrection »). Ainsi Dhani trouve son propre chemin en évitant le recours systématique aux guitares, dont le rôle est ici réduit à la portion congrue, celle des arrangements. Et pourtant le lien avec l’œuvre de son Père existe, on pense notamment au triple album « All things must pass » du paternel, dans ce lien avec les sonorités moyen-orientale (les percussions entre autres) qui parsèment l'album. Ambitieux, l'album séduit par sa volonté de moderniser les concepts psychédélique et progressif en les éloignant du rock pour en arriver à cet objet mélangeant les instruments classiques (les cordes) et l'électro, tout en faisant le lien avec la musique de film (un peu comme sur le dernier disque, post apocalyptique de Gary Numan). Les fans des Beatles en seront pour leurs frais, les autres pourront se délecter de cet excellent effort à la démarche courageuse.

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jeudi 23 novembre 2017

Valparaìso, le café de la danse, 21 novembre 2017.


Le nom du groupe est à lui seul une invitation au voyage. Mardi soir dernier, sur la scène du café de la danse, Valparaìso a ravi nos oreilles et nous a fait voyager, une heure et demie durant, sans quitter la petite salle intime du café de la danse. L'influence de base de la musique reste le folk teinté de rock mais un folk minutieux et précis, passé par le tamis de mille influences qui prennent la forme d'arrangements baroques : scie musicale, banjo, violon, ukulélé. Une démarche qui redonne tout son sens au geste musical, des cordes de guitare délicatement brossées au pinceau, triturées au bottelneck d'une manière tout à fait inédite ou caressée, avec stridence, à l'archer. Plutôt calme et propice à la rêverie, les paysages musicaux du groupe sont parfois traversés d'éclairs à la limite du punk/noise, une influence particulièrement perceptible dans le jeu du batteur qui est également, à contrario, très à l'aise balais en mains. Ainsi la musique est sujette à de brèves poussées de fièvres, très intenses. Enfin, la démarche du groupe est essentiellement instrumentale, la présence de différents vocalistes (la ravissante Phoebe Killdeer, Sammy Decoster, Dominique A sur deux titres) accréditant cette thèse de l'utilisation de la voix comme un instrument à part entière en fonction du timbre et des capacités de tout à chacun. Voix de gorge, grave et profonde pour Sammy Decoster, gracile et sexy pour Phoebe Killdeer, quant à Dominique A il représente la facette francophone et chanson de la musique de Valparaìso. Cette dernière reste en dépit de tout imprégnée d'Amérique, de blues et de country (plus une question de feeling général que d'interprétation au sens strict de ces idiomes). Un concert magnifique en forme de voyage imaginaire à travers des routes poussiéreuses…

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lundi 20 novembre 2017

Nuits Blondes



Premier EP pour Nuits Blondes, groupe parisien dont le patronyme, à lui seul, sonne comme une promesse, celle d'une virée nocturne ou le romantisme côtoie le danger et le mystère, autant de notions parfaitement incarnées par la voix grave, tabagique, du chanteur Hubert. Ce disque inaugural ouvre une brèche dans le rock français : mené par une guitare finalement beaucoup plus véloce que bruyante. Certes, quelques fantômes bien connus viennent hanter la musique (Bashung, Noir Désir pour ce mélange entre poésie, noirceur et rock) mais à ces influences très françaises vient s'ajouter une note rock indé, plus anglaise qu'américaine, incarnée par une guitare intrépide, des constructions audacieuses et une production soignée dans les moindres détails créant une ambiance et apportant ce petit supplément d'âme à la musique qui fait toute la différence. Autant de raisons pour l'auditeur de s'aventurer hors des chemins battus, au cœur de la nuit blonde.

En concert le 04/11 à Paris (Péniche Antipode)
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dimanche 19 novembre 2017

Jo Wedin & Jean Felzine : « Pique-Nique »



Plume alerte, crooner né et guitariste incisif, Jean Felzine est un talent caché de France, comme on a pu s'en rendre compte au sein de son groupe Mustang. Le voici de retour avec ce nouveau projet en duo avec Jo Wedin, une chanteuse suédoise croisée il y a une dizaine d'années et avec laquelle il avait déjà sorti un EP en 2015. Visiblement inspiré par le rock n'roll, Jean Felzine a gardé des années 50/60 une certaine idée de la classe et de l'élégance. Pourtant, aucunement question pour l'artiste de refaire ce qui existe déjà (en mieux) ou de se lancer dans la course au « vintage ». Chez lui, les roucoulades surf de la guitare (« Femme de chambre ») sont mises au service d'un répertoire pop, intemporel et chanté en français (« Idiot »). Le duo formé avec la chanteuse Jo Wedin tourne à plein régime sur ce premier disque, chacun incarnant la face opposée des relations amoureuses. Ainsi, derrière son aspect bravache de prime abord (« Chanter, baiser, boire et manger »), la plume tenue par le duo se révèle assez sombre (« Nez, lèvres et menton », "Un jour de plus, un jour de moins"). Un album luxuriant, varié, rempli de chœurs, d'accroches irrésistibles de guitares, de mélodies et de refrains à reprendre à tue-tête (« Je t'aurai »), dressant un catalogue pop idéal du ska, de la disco, du rock ou de la blue-eyed soul (magnifique reprise du « After laughter » de la regrettée Wendy René).
En concert le 13/12 à Paris (le divan du monde)


samedi 18 novembre 2017

Zombie Zombie : « Livity »



Halte là ! Arrêtez tout, Zombie Zombie est de retour ! Et, logiquement, cela devrait faire du boucan. Les choses ont bien changé depuis que l'on avait quitté le double Zombie, un duo à l'époque, l'été 2016. Le groupe est devenu un trio avec l'adjonction d'une batterie qui leur apporte cette dynamique live, voire même rock, qui leur faisait un peu défaut jusqu'ici. Leur expérience sur la BO d' « Irréprochable », sorti l'été 2016, a visiblement laissé des traces sur ce nouvel album, particulièrement cinématographique. Ainsi, ce nouveau disque est alambiqué au possible : les structures sont complexes, les titres s'étirent largement au-delà des cinq minutes, dans cet espace crucial, où les groupes partent à l'aventure s'éloignant des diktats imposés par les radios. Pourtant, mené par le nouveau batteur, le groupe évite tout risque de dispersion. Les couches de sons, de synthés, se rajoutent les unes aux autres, atteignant une espèce de transe, où la tension va crescendo, évoquant la bande-originale, complètement barrée, d'un film imaginaire entre science-fiction, horreur et fantastique (normal avec un patronyme pareil!) On pense au beaucoup au grand écran à l'écoute de ce nouveau disque qui évoque à la fois les BO de John Carpenter (« Livity ») ou le mélange électro/cold wave (« Loose ») tel que le pratique Arnaud Rebotini sur ses multiples projets. Enfin, un petit mot pour finir sur la magnifique pochette, la touche finale de cette éclatante réussite.
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Dirty Work of Soul Brothers : « Girls' Ashes »



Sur cette page, nous avons souvent l'occasion de nous enthousiasmer pour un énième groupe garage rock n'roll, et le merveilleux grain 60s des guitares parfaitement reproduit. Mais depuis combien de temps n'avons-nous pas écouté un groupe vraiment innovant à l'écart des sentiers battus ? Force est de constater que, si, en bons fans du genre, nous avons été plutôt gâtés, ces derniers temps, beaucoup de groupes sont loin d'égaler les standards du genre gravés il y a fort longtemps dans les sixties par les Seeds et autres Sonics. Les membres des Dirty Works of Soul Brothers sont-ils arrivés à la même conclusion que nous ? En tout cas leur réponse se tient dans cet impensable et complètement fou deuxième album : un disque de pur garage rock sans la moindre note de guitare ! Il faut tenter d'imaginer la chose : deux claviers et une batterie courent l'échalote pour un résultat à la fois fidèle à la tradition, le groupe n'utilise que du matériel analogique des années 70 et 80 (synthés, orgues, claviers) et qui n'hésite pourtant pas à trahir les canons de cette dernière pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Le résultat sonne comme du Kraftwerk électrocuté, les deux mains coincées dans la prise électrique. Une sorte de rock progressif et psychédélique dynamité par une énergie venue du punk. L'écho porté sur la voix drape l'ensemble d'un voile mystérieux et spatial à l'avenant des structures alambiquées venues du rock progressif (« I don't », la très dark « Mesmerize », "Toxicide") avant que la machine ne s'emballe dans une jouissive explosion de décibels (« So long », « All the days », « Maria Station ») ; finalement pas très loin dans l'esprit de Suicide s'appropriant le rockabilly. Un trio de cuivres (trombone, cor et trompettes) intervient sur deux titres, histoire de renforcer le groove de la chose. De quoi nous faire craquer encore un peu plus sur cet album, le plus dingue de cet automne. Quelle magnifique trouvaille que ce groupe !

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mardi 14 novembre 2017

Ëda



Deux grains de beauté symétriques, qui prennent la forme d'un tréma rajouté sur la première lettre de ses initiales, comme un symbole de la dualité culturelle. Deux petits points qui résume la trajectoire artistique d'Ëda, aka Eléonore Diaz Arbelaez, qui a grandi entre deux cultures, la France d'un côté, la Colombie de l'autre. Dès lors, rien d'étonnant à ce que l'artiste navigue constamment entre deux eaux. Sur ce premier EP, on retrouve à la fois la chaleur organique de la contrebasse (cf. « Paso, paso »), le swing exotique des percussions (« Manicomio »), mélangées à des sonorités électro-pop concoctées par Anthony Winzenrieth (Flawd). Chanté en espagnol, le disque réinvente ainsi la musique latine, lui donnant des airs psychédéliques modernes à l'image de sa pochette bigarée. Un beau voyage en sons.
En concert (Release Party) le 14/12 à Paris (FGO-Barbara)
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lundi 13 novembre 2017

We are the line : « Through The Crack »



L'autre jour, lors d'une de mes pérégrinations nocturnes, en route vers un concert tardif, on me présente un mec et la discussion s'engage :

- Tu aimes Nine Inch Nails ?

- Moi : Oui, beaucoup

- Depeche Mode ?

- Beaucoup également. Depuis longtemps.

- Bon je te passe le cd de mon groupe alors…

We are the line…

Il semblerait donc que nous soyons en présence d'une ligne. Celle, imaginaire, reliant les années 80 et le futur, l'ombre et la lumière. Passée l'intro instrumentale vaporeuse de « Through the crack », la machine s'emballe brutalement, dans une magnifique transition, et les choses sérieuses débutent avec « A Cold Place » qui, effectivement, rappelle DM. En particulier cette électro sombre et minimale telle que les Anglais la pratiquait à l'époque d' « Exciter », il y a une bonne quinzaine d'années de cela. Mais réduire le groupe parisien a une succédané depeche modesque serait bien trop réducteur. La ligne excelle dans ces ambiances froides, teintées de mystère (« Our last sight ») et ménage ses effets avec ingéniosité. Le disque est particulièrement bien équilibré. Chaque élément est à sa place ni plus, ni moins. La chose peut paraître paradoxale, mais en évitant de trop charger la production, le groupe redonne toute sa place au silence. « Through the crack » est donc un disque où on respire et où l'imagination de l'auditeur travaille parce qu'il y a justement de l'espace pour. Et ça fait du bien. L'EP est suffisamment soigné pour penser que le disque est le fruit d'une longue maturation. Pourtant la proposition musicale manque encore un peu de personnalité et l'influence de DM plane un peu trop au-dessus de ces cinq titres (au niveau du chant notamment). Ne manque plus qu'au groupe de s'éloigner de cette ombre envahissante pour exploiter pleinement son potentiel. Néanmoins, ces 20 minutes inaugurales sont une belle promesse pour l'avenir. On attend la suite avec curiosité et impatience…

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dimanche 12 novembre 2017

Tania Stavreva : « Rhythmic Movement »



Une musicienne et son piano. Sur le papier l'équation paraît simple et pourtant… Plus encore que son piano, c'est sa personnalité que nous donne à écouter Tania Stavreva sur cet ébouriffant album. Et cette dernière est beaucoup plus riche que le simple postulat de départ pouvait le laisser imaginer. Sur les 14 plages composant le disque, la musicienne fait véritablement corps avec son instrument en tirant des sons parfois incroyablement puissants mais aussi, à l'inverse, d'une infinie délicatesse. Il faut ainsi, en plusieurs occasions, véritablement tendre l'oreille pour saisir toute la richesse de la musique. On se prend ainsi à rêver, imaginant la musicienne effleurant les touches d'ivoire dans un geste délicatement féminin (« White Lies for Lomax »). Comme le titre l'indique, tout est ici affaire de rythme, échevelé ou alangui, mais toujours juste et qui redonne sa juste place au silence qui semble habiller les compositions leur donnant ainsi une profondeur faisant bien souvent défaut aux productions contemporaines (l'inquiétante « The Dark Side of the Sun »). Piochant dans le répertoire de trois continents différents, notre vieille Europe (centrale ou de l'est), l'Amérique Latine ou du Nord, la New-Yorkaise nous livre un disque extrêmement riche, inventif, fort d'une multitude de dimensions différentes à la fois classique et légèrement rétro mais aussi mu par une dynamique tout à fait contemporaine. Existe-t-il une touche du piano qui n'ai été jouée par la musicienne sur ce disque ? On n'ose imaginer les heures de dur labeur et de répétitions pour arriver à un tel résultat. On espère la voir un jour sur scène…

Disponible sur le site de l'artiste et sur cd baby


samedi 11 novembre 2017

The Amazing Keystone Big Band : « Django extended »



Big Band, à géométrie variable, composé de 17 musiciens, The Amazing Keystone Big Band fait régulièrement le lien entre classique et jazz ce qui a donné ces dernières d'étonnantes relectures des œuvres de Prokofiev (« Pierre et le loup et le jazz ») ou Camille Saint-Saens (« Le carnaval jazz des animaux »). C'est d'ailleurs lors d'une représentation de ce dernier projet, au Parc Floral en Août 2016, que l'on avait eu vent pour la première fois de ce nouveau projet autour de l’œuvre de Django Reinhardt. Le grand mérite de ce nouvel album est de propulser la musique du guitariste manouche dans une autre dimension, celle du big band et des cuivres. Qui dit jazz manouche dit guitare (forcément!), violon, contrebasse ; un jazz sec et nerveux, souvent ultra-rapide. Bien loin de la luxuriance d'un groupe étendu et de la puissance dégagée par ses vents. Ainsi l'album se révèle très varié, nous réserve quelques belles parties d'une guitare virtuose (cf. « Djangology ») Thomas Dutronc est de la partie, et quelques moments down-tempo (« Troublant Boléro ») ; la version proposée du tube « Nuages » proposant une belle synthèse de la démarche du groupe, des cuivres totalement free prenant le relais d'un violon attendu (et joué pour l'occasion par Didier Lockwood). Et puis, sur une grande partie du disque, les instruments à cordes typiques du jazz manouche sont totalement absents propulsant les compositions archi-connues et rabâchées (« Minor Swing ») dans un territoire totalement inconnu. A noter enfin « Rythme Futur », une composition assez obscure du guitariste exhumée pour l'occasion et livrée dans une version abstraite et baroque. 

En concert à Paris (Salle Pleyel) le 10 mars 2018.
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lundi 6 novembre 2017

Lonny Montem et Guillaume Charret : « Tara »



Pour le nouvel épisode de ses aventures Lonny Montem s'est accoquinée avec Guillaume Charret (Yules). Le duo s'est échappé à Tara, une maison de campagne pour y enregistrer les sept titres de ce copieux EP, quasiment un album. En totale communion avec la Nature (cf. « Woman now ») le duo accouche d'un disque délicat, mélodique et boisé, entretenant un climat propice à la rêverie. On se laisse bercer par les arpèges délicats de la guitare et on se prend à rêver. On imagine un coin, un peu paumé, encadré par les arbres et les herbes hautes, de la rocaille blanche poussiéreuse et beaucoup de verdure. Dans ce contexte, la voix de Lonny trouve son habitat naturel, légère comme une plume (cf. les chuchotements de « Burning bridges »), où pointe une note gutturale, utilisée à bon escient lorsque l'intensité monte (cf. « Please, look after me ») et que les cordes de la guitare folk se font marteler un peu plus violemment. Pensés avec soin, les arrangements baroques (glockenspiel, melodica, body rhythm, les mystérieuses « furniture from the house ») entretiennent cette sensation de légèreté onirique alors que le banjo et le violon apportent un contrepoint country mélancolique beaucoup plus terre à terre, permettant à l'ensemble de trouver son délicat équilibre. Enfin les deux reprises chipées chez James Taylor (« You can close your eyes ») et Paul Simon (« Old friends ») rappellent l'ancrage seventies de la chose, où les voix de deux protagonistes s'emboîtent merveilleusement, touchant du bout des doigts une sorte de perfection vocale. L'auditeur est touché en plein cœur. 

En concert à Paris le 29/11 (L'International).


dimanche 5 novembre 2017

Gary Numan : « Savage : songs from a broken world»



Vingt-deuxième album pour Gary Numan ! Le vétéran de la scène industrielle est de retour avec un nouvel effort écrit au moment où Donald Trump était élu. Le Président des Etats-Unis et, surtout, son discours climato-sceptique a eu une grande influence sur l'artiste. Visiblement tourneboulé, Numan en a sorti un album dystopique, décrivant une planète devenue un désert de sable, où, sans la technologie tombée en désuétude, l'homme revient à sa nature primale, l'eau devenant dans ce contexte apocalyptique le bien le plus précieux. Force est de constater que Numan a parfaitement mis ses angoisses en musiques en un album nerveux et tendu évoluant sur le fil du rasoir. Les synthés traduisant parfaitement cette sensation de fin du monde («The end of things », « And it all began with you », "Mercy") alors que les guitares laissent exploser toute la violence sous-jacente et contenue en de brusques montées de décibels (cf « When the world comes apart »). Nine Inch Nails n'est jamais bien loin (comme d'habitude). Mais le plus impressionnant reste la voix étranglée de Numan qui laisse transparaître tout le désarroi qui est le sien (cf. « My name is ruin »). Ainsi, l'album ressemble à une crise d'angoisse qui va crescendo jusqu'à l'explosion finale. George Miller (« Mad Max ») tirerait probablement un chef d’œuvre de cet album particulièrement cinématographique. Numan est comme le bon vin, il vieillit plutôt (très) bien. Cette nouvelle réussite en est la preuve éclatante.
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samedi 4 novembre 2017

JD McPherson : « Undivided heart and soul »



Apparu sur les radars en 2010, JD McPherson, s'impose, album après album, comme un des plus précieux songwriter de son époque. Ce nouveau disque, le troisième, voit le natif de l'Oklahoma franchir un nouveau cap. Cet album a été enregistré dans des conditions particulières à Nashville (son nouveau lieu de résidence) au légendaire Studio B de RCA, fréquenté jadis par Dolly Parton ou Elvis en personne. Le lieu étant un musée durant la journée, l'intégralité de l'album a été enregistré de nuit et cela s'entend. Dès les premières notes de « Desperate love », l'auditeur tombe dans une faille temporelle, là où brillent les phares d'énormes Cadillacs chromées, toutes droites sorties des années 50. Nashville oblige, le disque respire le terroir et la tradition country et rock n'roll des années 50 matinées d'influences pop (« Hunting for sugar », « On the lips ») que l'on jurerait inédites depuis l'époque. Mais réduire le disque à une série de clichés sortis des années 1950 serait une profonde erreur tant la dynamique qui anime l'ensemble semble contemporaine. Ainsi la rugosité des guitares est mise au service d'un répertoire influencé par des choses beaucoup plus récentes (« On the lips », « Style (is a loosing game ) »). En enregistrant à Nashville, McPherson a probablement réalisé un rêve de gosse. Mais le plus beau est qu'il ait réussi a élever son niveau d'écriture à ce cadre exceptionnel. Résultat le disque aligne les perles les unes après les autres (« Lucky penny », « Undivided heart and soul », « Bloodhound rock »…) comme à la parade. Ni rétro, ni passéiste, juste intemporel et c'est énorme. Le changement d'air lui a fait du bien. On attend avec impatience la déclinaison scénique de l'album ! 



mercredi 1 novembre 2017

Date with Elvis, Silencio, 31 octobre 2017.


Pour sa première date parisienne de la tournée, dans le cadre intime du Silencio (de moins en moins à la hauteur de sa réputation (cf. le plafond qui se casse la gueule, les marches qui s'effritent, le sol tout abîmé) les Marseillais Date with Elvis ont laissé une impression plutôt mitigée. On avait adoré l'album (cf. la chronique) on est plus circonspect sur la déclinaison scénique de ce dernier. Le duo a donné l'impression tout le set de se débattre avec son répertoire. Erreurs de manipulation du clavier, accélération subite du tempo entraînant un décalage, chant pas toujours maîtrisé, le duo a semblé improviser avec les difficultés toute la soirée sans jamais donner l'impression de se départir de cette sensation de sourdine qui a enrobé la musique. Et pourtant le potentiel est là, l'univers du groupe et cette confrontation entre claviers cold wave et guitare blues et roots est passionnante à écouter. Aussi, le concert fût brillant mais par intermittence seulement. Le tout dans le cadre relativement froid du fameux club privé où se croise la hype venue de tous les horizons.

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lundi 30 octobre 2017

Martha Reich : « The River »



Le titre évoque un vieil album de Bruce Springsteen. Mais les comparaisons s'arrêtent ici, Martha Reich évoluant sur un terrain bien différent de celui du boss. Aucune guitare, suffisamment rare pour être souligné en matière d'americana, mais un piano et un violon mélancoliques tissant une toile automnale sur laquelle se pose, comme une feuille morte, la voix éthérée de la chanteuse. Une chanson de saison en somme…

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dimanche 29 octobre 2017

Hoboken Division : « The mesmerizing mix up of the diligent John Henry »



De tout temps une confusion a existé entre rock et blues, comme si la moindre note slidée ou la plus petite partie jouée ternaire suffisait à rendre la musique « bleue ». Le blues, Hoboken Division, devenu un trio avec ce deuxième album, le connaît, ne serait-ce que pour avoir grandi dans l'est de la France au milieu d'usines désaffectées. Ce nouvel album voit le groupe s'ancrer un peu plus profondément dans le blues mais aussi, plus généralement, dans le paysage des musiques raciniennes (cf. les échos country qui viennent hanter « 436 Procter Steet », le gospelisant « Oh lo' no mo' » ). Et pourtant Hoboken Division reste en dépit de tout un sacré groupe de rock n'roll (cf. les guitares rageuses de « Howlin' », vous êtes prévenus, tout est dans le titre). Oui, de rock n'roll (la précision est d'importance et il ne faut pas confondre avec ce que l'on appelle « le rock ») et dont l'écho se fait sentir dans la fureur qui habite le groupe. Ce fragile équilibre sur lequel repose le trio n'est pas sans rappeler les productions du label Fat Possum ("Lazy") et, dans ses meilleurs moments, la transe n'est jamais bien loin (la bien nommée « Boiling Up » toute en colère rentrée, la dérive psyché en eaux troubles de « Cold water »). Intense et habité, ce nouvel effort, leur meilleur à ce jour, voit le groupe passer une nouvelle étape d'importance. Pourvu que cela dure…

Sortie le 10 novembre 2017.

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Crowdfunding Teleferik

(c) Alca Luto


Teleferik, qui avait enflammé le Supersonic lors de notre concert du 9 juin dernier, vient de lancer une opération de crowdfunding afin de financer l'enregistrement de leur deuxième album en compagnie de Rizan Saïd, un ancien musicien d'Omar Souleyman (voir l'interview).

Tous les détails sont par ici :
https://www.indiegogo.com/projects/teleferik-2nd-album-blood-orange-syrup-rock#/

samedi 28 octobre 2017

The Craftmen Club : « Colores »



Si l'on s'amusait à dessiner une carte de France du rock, le gros quart nord-ouest du pays, une ligne qui en gros partirait de Lille pour s'arrêter à Nantes, apparaîtrait comme la plus attractive. Un peu normal si l'on considère que, longtemps, avant qu'internet ne rende tout cela obsolète, ce quart nord-ouest a été à portée d'ondes directe avec l'Angleterre, instaurant une tradition pop et rock qui perdure encore de nos jours. Basé à Guingamp, les Bretons de The Craftmen Club, un des fleurons rock du pays encore en activité, se trouve, logiquement, au cœur de notre ligne imaginaire. 

Avec ce nouvel album, le cinquième depuis leurs débuts en 2001, il y a 16 ans (déjà!), The Craftmen Club continue, encore un peu plus profondément sa mue entamée avec le précédent album, le brillant « Eternal life ». Longtemps The Craftmen Club a été un chantre du rock garage, à fond les amplis et, à ce titre, leur disque « Thirty six minutes » (tout est dans le titre) est assez remarquable. Depuis, le groupe s'est converti aux vertus de la cold wave, sans pour autant renoncer à l'électricité (« Last trip »), noyant ses décibels sous une solide couche d'angoisse (« Colores », « Expect to crash », « Elevator »). Le groupe avait l'habitude de nous assommer sous les coups du boutoir, maintenant, il nous prend à la gorge, six cordes à l'appui (« La route »). Ce nouveau disque, « Colores », ouvre une brèche plus intime pour le groupe. Déjà, pour la première fois, les visages des musiciens s'affichent sur la pochette. Ensuite ce nouvel effort voit le groupe renouer avec sa langue maternelle, utilisée de manière assez cryptique (« Nos enfants rois »). Ce n'est certes pas une nouveauté, mais c'est suffisamment rare pour être souligné. Enfin, parmi cette nouvelle livrée, deux titres (« Le lac », « Le Lustre ») ont été enregistrés live en studio, sans retouche ni fioriture, documentant à merveille la facette rock n'roll mais aussi acoustique/western du quatuor. Pour le reste, on retrouve encore une fois avec délice ce mélange étonnant entre rock garage (les guitares crades) et cold wave (la rythmique d'une précision glaçante). Le résultat est excellent, une fois encore.

Sortie le 10 novembre.
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Nai Palm en concert le 8 novembre au Flow


L'Australienne, chanteuse et compositrice de Hiatus Kaiyote, présentera son projet solo sur la scène du Flow le 8 novembre prochain.


lundi 23 octobre 2017

Lisa Portelli : "La nébuleuse"



Se taire pour mieux retrouver sa voix, tel pourrait être le parcours de la musicienne, qui, est de retour après avoir respecté un vœu de silence au sein d'un couvent. Six longues années se sont écoulées depuis la sortie de son premier album. Aujourd'hui, l'artiste revient, différente, régénérée, rassérénée. Le silence a des bienfaits, sa voix est claire et limpide, elle sert à merveille des textes intimes, touchants et sincères. Ce nouvel effort a été conçu en petit comité. Ils sont trois à la manœuvre, une section rythmique accompagne la voix et la guitare de Lisa. Il en ressort un véritable effort de groupe où l'implication de chacun est maximale et cela s'entend. L'auditeur est ainsi invité à partager un moment d'intimité avec eux, un moment à part, suspendu dans le temps. Entre rock et chanson, le disque est un album de climats, les différents effets apposés sur la guitare permettent de varier les ambiances où la menace sous-jacente ne disparaît jamais tout à fait.
À écouter en priorité : "Naviguer", "Longtemps"

dimanche 22 octobre 2017

Wicked + The Blue Butter Pot, La Dame de Canton, 20 octobre 2017.


Une jonque posée sur la Seine, sur laquelle se reflètent les lumières de la ville à travers de grandes bains vitrées, le décor boisé est à la fois classe et vintage. Ce soir nous avons donc rendez-vous sur l'eau et finalement quoi de plus indiqué pour cette soirée accueillant deux groupes bretons ? On commence avec le duo The Blue Butter Pot. Une guitare et une batterie, le duo s'inscrit dans la longue lignée de ces groupes garage qui depuis le début du 21ème siècle donnent un nouveau souffle au blues et au rock n'roll (ne pas négliger le « roll » qui est, en l'espèce, très important). On pense notamment à Seasick Steve, logiquement repris en fin de programme. D'emblée le groupe semble surpuissant, la batterie est fine et précise, la frappe redoutable, et, de sa voix de gorge, l'immense chanteur barbu, ressemblant à un bonimenteur sur une fête foraine, conte ses histoires, et se joue avec maestria du bottelneck. Pourtant ce qui retient notre attention c'est la connivence entre les musiciens et ce dialogue, musical et incessant, entre eux. Les compositions jouent les prolongations et rebondissent dans des recoins insoupçonnés, chaque mouvement est l'occasion d'explorer une nouvelle idée. Derrière son kit, le batteur joue avec parcimonie de sa double pédale, un artefact typique du heavy metal beaucoup plus rare dans le blues. Utilisé intelligemment la chose renforce le groove et évoque un roulement de tambour typique de la Nouvelle-Orléans. Le set est tellement dense et compact qu'on a finalement l'impression d'avoir assisté à un concert de deux heures, tellement de choses à écouter et à découvrir, ce groupe est une magnifique découverte !

Dans un registre différent, mais tout aussi intense, on retrouve ensuite une ancienne connaissance en la personne du trio (Breton également) Wicked. Moins roots que le groupe précédent, Wicked donne sa version personnelle du blues, sous la forme d'une guitare magnifiquement slidée, mâtinée de rock (and roll, toujours) indé et de garage. Le groupe est précis et carré, pour un résultat puissant. La voix du chanteur ressemble à un râle débordant d'émotion et de feeling alors que la section rythmique laboure et creuse au maximum le champ des possibles. La guitare alterne entre riffs puissants et divagations noisy dans un déluge de larsen psychédélique. Le trio joue parfaitement le jeu de la tension/détente, l'intensité montant soudainement d'un cran, les aiguilles du potentiomètre à fond dans le rouge. Les musiciens sortent de scène totalement lessivés, ruisselant de sueur. A coup sûr, ce trio, assez rare sur nos scènes, mériterait de revenir plus souvent à la capitale.






Date with Elvis : « First Date »



Ce premier album scelle notre première rencontre avec le duo marseillais Date with Elvis. Et plutôt que de rencontrer Elvis, le rencard en question, serait plutôt celui entre le blues séculaire et le futur. Car c'est bien de cela qu'il est finalement question ici. Une guitare, une batterie, depuis l'avènement des Black Keys et des White Stripes, il y a, déjà, 15 ans de cela, la formule s'impose comme un cliché de plus en plus éculé du rock dans sa version 21ème siècle. Sauf qu'en confiant la production de son album à Kid Francescoli, un autre membre illustre de la scène phocéenne plus réputé dans les cercles électro que rock, le duo change la donne. Plutôt que refaire, le duo remet à jour. Et c'est le groupe tout entier qui semble reboosté, les basses vrombissent donnant du volume et de l'impulsion à la musique (le départ pétaradant de « Evil or love », « Ain't got no ») sans jamais négliger l'aspect rock (« How deep is your love ? », « I get dizzy ») et les guitares tranchantes (« One way or another », « Not Enough »). Ailleurs, l'intervention, aussi discrète que déterminante, de synthés éthérés apportent une note psyché/progressive (l'intro de « So glad »). Enfin, le duo se permet également une incursion exotique en territoire reggae (« Cool and calm »). La pochette, aux allures d'un cabinet de curiosités rococo, donne une image assez fidèle de l'album, fourmillant de détails et d'idées, en forme de petits trésors cachés que l'on découvre une écoute après l'autre. A classer près du nouvel album des No Money Kids.

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mardi 17 octobre 2017

Louis Arlette : « A notre gloire »



Ancien collaborateur d'Air Louis Arlette occupe une place aussi singulière qu'inédite sur la scène française. Pas tout à fait rock, ni complètement industriel et bien plus qu'un héritier d'une nouvelle forme de chanson française teinté d'électro mais les trois en même temps, sacré mélange ! Ingénieur du son de formation, Louis a mis son apprentissage à profit pour livrer un disque parfaitement « mis en sons », et soigné dans les moindres détails, entraînant l'auditeur dans son univers tantôt oppressant (la brutale « A notre gloire » placée en ouverture) parfois lumineux (« Le moment est venu ») et toujours pleins d'emphase (« A la dérive »). Trois titres, complétés par deux versions live, absolument fascinants, on a hâte de plonger plus avant dans l'univers de Louis Arlette avec un premier LP attendu pour le mois de janvier 2018. Vivement la suite !

En concert à Paris (le hasard ludique) le 22 novembre.


dimanche 15 octobre 2017

Trupa Trupa : « Jolly new songs »



Sortie après sortie, l'itinéraire de Trupa Trupa s'apparente à un conte de fée pop et contemporain. Il y a deux ans de cela, Trupa Trupa était inconnu au bataillon, cantonné à sa ville de Gdsank (Pologne). Et puis par chance, hasard, accident ou sérendipité, leur excellent album « Headache » est sorti chez nous faisant sensation dans le petit cercle pop indé. Ce nouvel effort sort dans un contexte différent. « Headache » nous a pris par surprise. Maintenant le groupe est attendu. Et le gant est relevé, haut la main. D'emblée le groupe nous semble plus audacieux, bâtissant des structures musicales complexes et alambiquées (« Against breaking heart of a breaking heart beauty ») œuvre d'une formation sans œillères et n'ayant pas froid aux yeux. Et on n'est alors pas loin de penser que le groupe a habilement intégré les influences psychédéliques et progressives à son œuvre (« Love supreme » sans aucun rapport avec John Coltrane). Mais l'album frappe fort en conciliant les contraires. Il y a tout d'abord cette évidence mélodique, cette ligne claire qui surplombe l'album (« Coffin », « Mist », « None of us », « Only good weather ») et condense quarante années de pop. Assumant la prise de risque jusqu'au bout, le quatuor polonais prend ensuite un malin plaisir à pervertir ses propres compositions par le biais d'une guitare bien sentie, d'un virage musical aussi surprenant qu'habilement négocié ou d'une irrésistible et impressionnante montée en pression (l'incroyable « Jolly new songs », « Never forget »). Désarçonné, l'auditeur ne sait plus trop à quel saint se vouer avant de se laisser prendre au piège de cette pop aussi vicieuse que vénéneuse. Brillant.
Sortie le 27/10.
En concert le 27/10 à Nantes (Festival Soy) et le 28/10 à Vendôme (Rockomotives)

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samedi 14 octobre 2017

Manolo Redondo : « Helmet On »



Voilà un album qui, dans un monde parfait, devrait faire l'unanimité et truster durablement les ondes. Mais, ne rêvons pas, rien de ceci n'arrivera et c'est bien dommage… A défaut d'entrer en « rotation lourde » sur les ondes FM, le disque restera en « rotation continue » sur notre platine. Et il y a d'excellentes raisons à cela. Pour commencer, la facture même de l'album qui s'apparente à une sacrée collection de chansons. Voilà, dit comme ça c'est tout bête et cela n'a l'air de rien mais c'est énorme. Depuis quand n'avez-vous pas accroché à une mélodie dès la première écoute ? L'album s'apparente ainsi à un travail soigné, bien produit, bien écrit, les mélodies accrochent l'oreille avec insistance (« Lo is the new hi ») et l'acoustique chaleureuse déployée ici transporte l'auditeur. En effet, la base de tout reste en l'espèce le folk et les guitares acoustiques délicatement arpégées (« Des Incas et des Khmers »). Mais l'album brasse large et convoque une foule d'influences insoupçonnées et que l'on imaginait incompatibles. On pense ainsi tour à tour à The Cure (« Best kept secret ») à Nada Surf pour cette façon toute personnelle de maîtriser l'électricité dans une sorte de violence paradoxalement douce (la coda d' « Alpinisme » ; car notre homme a aussi le bon goût de chanter parfois en français) voire même à une étrange connexion entre Nick Drake et Chris Isaak quand Manolo laisse exprimer son timbre de crooner (« Ten thousand days »). Un spectre d'influences large et pourtant rendu parfaitement cohérent grâce à un magnifique travail de « mise en sons ». Autour de la voix et de la guitare, c'est une multitude de détails que l'on découvre au fil des écoutes successives, ces synthés discrètement cold wave, ces bizarreries quasi psychédéliques qui déboulent sans crier gare (« Bigger Blow »), ces guitares électrifiées avec une justesse rare et cette rythmique débordante de feeling (« Lentement »). Il ne faut guère plus d'une écoute pour entrer de plein pied dans l'univers de Manolo Redondo qui possède cet art rare de stimuler l'imagination de l'auditeur. La marque des grands disques.

Sortie le 27 octobre.
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https://manoloredondo.wordpress.com/

jeudi 12 octobre 2017

Musiques Volantes #22


La 22ème édition du festival est placée sous le signe des monstres... Du 10 au 23 novembre à Metz et au-delà (Nantes, Luxembourg, Paris, Montreuil. Soirée de lancement le 19/10 à la REcyclerie (entrée libre).

mercredi 11 octobre 2017

Bill Charlap Trio : « Uptown, Downtown »



Accompagné de la doublette Peter (contrebasse) et Kenny (batterie) Washington (sans lien de parenté apparemment) le pianiste fait les beaux jours (ou plutôt les soirs) du Village Vanguard, le fameux jazz club new-yorkais. Rien d'étonnant dès lors que l'écoute de ce nouvel album nous projette dans le confort douillet d'un club, aux murs de briques rouges, dans un sous-sol enfumé. Installons-nous sur la banquette et laissons Charlap, le Maestro, nous guider derrière son clavier, tant les émotions affluent à l'écoute de ce nouveau disque. Séduisante, la musique du trio l'est assurément. A ce titre le morceau d'ouverture « Spring can really hang you up the most » est remarquable de rondeur et de délicatesse. Comme le reste de l'album qui n'oublie cependant pas de faire la part belle au swing sautillant, subtil et élégant (« Curtains », « Uptown, Downtown »), le tout dans un remarquable ascenseur émotionnel et délicat, les doigts glissant sur les touches d'ivoire. Du travail d'orfèvre, classique et facile d'accès, mais surtout soigné et solide, faisant son miel du Great American Songbook.

https://www.billcharlap.com/
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lundi 9 octobre 2017

Big Junior : « Osiris »



Deuxième EP pour le groupe lyonnais qui nous invite à un sacré cocktail musical qu'il nomme eux-même la « Hip Wave ». Bien évidemment c'est l'influence hip-hop qui saute aux oreilles notamment grâce à un flow coulé et mélodique (« Jump zone », « Osiris »). Mais, c'est lorsqu'ils se décident à chanter (« Born to cry ») que Big Junior nous étonne faisant preuve d'un étonnant éclectisme, tout comme la musique qui, sans négliger le beat hip hop, fait la part belle aux mélodies chassant sur le terrain de la pop électro parfois mu par une énergie rock (« Shoot to breeze »). On regrette toutefois l'orientation ostensiblement dance de l'ensemble qui nous empêche d'adhérer totalement au projet.

http://bigjunior.fr/
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jeudi 5 octobre 2017

George Thorogood : « Party of one »



Connu, depuis les années 1970, pour son blues très musclé et finalement assez proche du rock n'roll, "Bad to the bone" comme il le disait autrefois, George Thorogood surprend son monde avec ce nouvel album en solo intégral. L'exercice n' a rien d'évident. Sur un mode introspectif, George Thorogood revisite son histoire musicale et reprend des titres qui l'ont touché, ont parfois été autant d'éléments déclencheurs, avec pour seul accompagnement une guitare, un harmonica et quelques percussions. Une belle occasion de rendre hommage à ses aînés saisie au vol. Mais solo ne signifie aucunement acoustique, ni répétitif. Au contraire, en alternant acoustique et électricité, même seul, Thorogood livre un effort aux nuances variées, rendant ainsi hommage aux différentes tendances qui, mises bout à bout, font le blues. Outre le bon goût affiché (Robert Johnson, Willie Dixon, Johnny Cash, Dylan, les Stones) l'occasion est riche pour nous de découvrir l'artiste sous un jour nouveau, plus intime, et de (re)découvrir des classiques (cf. « One bourbon, one scotch, one beer ») qui ont fait sa gloire sous un angle différent. Attachant.

https://www.georgethorogood.com/
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mercredi 4 octobre 2017

Expo Pop Collection

(c) Javier Mayoral courtesy Arts Factory

Voici une exposition que l'on attend avec impatience et une curiosité grandissante. Du 11 octobre au 17 novembre la galerie Arts Factory accueille 80 artistes et 300 œuvres dans un grand croisement des genres, des icônes de la musique aux affiches détournées de cinéma d'improbables séries B. Le tout formant un panorama à 360° de la culture pop. Alléchant et immanquable !

Vernissage le 10/10 de 17h à 21h.
Du 11/10 au 17/11 
Galerie Arts Factory
27 rue de Charonne - 75011 Paris
www.artsfactory.net


(c) Kata Billups courtesy Arts Factory – « elvis and the beatles », 2001
acrylique sur toile – 60 x 45 cm



(c) E.A. Heavy courtesy Arts Factory – « blood of jesus », 2001
affiche peinte sur sac de toile (ghana) – 150 x 100 cm