lundi 11 décembre 2017

The Liminanas : « Istanbul is sleepy »



En collaborant avec le grand Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre), les Liminanas ont eu l'idée de génie du siècle ! Rien de moins ! Ce nouvel EP procède de la fusion des influences. En effet, basée sur les boucles, la transe, la répétition la musique des Liminanas trouve son complément idéal dans les guitares fuzz psyché/garage/sixties de Newcombe, qui apporte au groupe l'immédiateté rock n'roll qui jusqu'ici leur faisait défaut (et qui fait qu'on n'avait jamais vraiment accroché au groupe). La personnalité de Newcombe est tellement forte qu'elle irradie littéralement sur la musique, lui apporte sa couleur si spécifique, au point que lorsqu'Anton prend le micro (si, si) on croit même écouter un inédit du BJM ! A noter, « Nuit fantôme », ou le parlé/chanté de Lionel ressuscite le Gainsbourg de « Melody Nelson » en version garage rock. Vivement l'album, « Shadow people » dont la sortie est prévue pour le 19 janvier prochain ! 

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dimanche 10 décembre 2017

Mighty Mo Rodgers & Baba Sissoko : « Griot Blues »



La chose est connue des exégètes depuis longtemps. Si le blues était un arbre, ses racines le ramènerait immanquablement en Afrique. Question de tradition orale mais aussi de rythme. Une évidence que deux artistes, l'Américain Mighty Mo Rodgers et le Malien Baba Sissoko, se font fort de remettre au goût du jour. Embarquant l'auditeur dans un grand voyage transatlantique, en gros « Mali to Mississippi » comme ils le chantent si bien, les deux hommes fusionnent leur univers musicaux. La forme change, le fond reste le même et le tout dépasse le simple idiome ternaire, lequel prend des nouvelles couleurs grâce aux instruments traditionnels (ngoni, tamani) du Malien (magnifique « Nalu »), pour se permettre une extension jusqu'au reggae (« Shake' Em up Charlie ») et au jazz (la très belle "Drunk as a skunk", "What is the color of love"). Un superbe voyage en musiques où la dextérité des musiciens est mise au service de la fraternité.

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Cécile McLorin Salvant : « Dreams and Daggers »



Magnifique chanteuse, Cécile McLorin Salvant, continue son ascension avec ce nouvel album, une pièce maîtresse de plus dans sa discographie courte (quatre albums) mais, jusqu'ici, sans fausse note. Ce nouvel effort est donc double et a été en partie enregistré en concert au mythique Village Vanguard et au DiMenna Center de New York. Ce nouveau double album s'impose à la fois comme un panorama et une synthèse de tout l'art de la chanteuse ; un disque somme enregistré avec son trio de scène : le pianiste Aaron Diehl, le contrebassiste Paul Sikivie et le batteur Lawrence Leathers. Les trois hommes créent ainsi, titre après titre, le cocon idoine pour la chanteuse caméléon, qui donne de la voix, douce et langoureuse (« Tell me what they're saying can't be true »). Les trois musiciens possèdent un art du swing, du changement de tempo allant du ralentissement à l'accélération subite, de la tension/détente qui prend tout son sens sur quelques pièces magnifiques (« Somehow I never could believe », « Nothing like you », « If a girl isn't pretty »). L'écrin est alors parfait pour la chanteuse qui exploite à merveille sa tessiture à la fois touchante, drôle (« You've got to give me some ») ou sexy. Sur quelques titres, enregistrés en studio, le trio est accompagné par du quatuor de cordes Catalyst Quartet apportant une note classique et majestueuse à la musique (« And yet », « You're my thrill », « The Worm »). A noter enfin un clin d’œil de la chanteuse, qui a en plus le bon goût d'être parfaitement francophone, à la langue de Molière le temps d'un « Si j'étais blanche ». Derrière sa facture classique, se cache une petite pépite propre à faire voyager l'auditeur dans un univers maintes fois fantasmé : New York, le club de jazz enfumé, les briques rouges, la nuit tout ça... Dès lors une seule conclusion s'impose, en forme de regret, quel dommage de ne pas avoir assisté au concert. Heureusement les albums sont là pour graver dans la cire ces instants d'éternité…

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jeudi 7 décembre 2017

Crowdfunding Mathis Haug

Le très talentueux Mathis Haug est à Memphis et il espère revenir avec un vinyle dans sa valise...
Tout est expliqué en cliquant sur le lien ci-dessous :

Lien Kiss Kiss Bank Bank

mercredi 6 décembre 2017

Next Faciès du 13 au 21/12 au festival Les Aventuriers


Et de trois ! Après la Galerie Stardust et le Studio des Variétés, la série de photographies "Next Faciès", consacrée à la jeune scène française, du photographe Séverin (également ex-bassiste des Parlor Snakes) sera exposée dans le cadre du festival les Aventuriers du 13 au 21/12 à Fontenay-Sous-Bois (94).

mardi 5 décembre 2017

Nuits Blondes, Péniche Antipode, 04/12/2017


La petite péniche, alternative et indé, est bien remplie ce soir pour accueillir Nuits Blondes. Le concert commence alors avec deux musiciens, guitariste et batteur, bientôt rejoint par le reste du groupe. Le duo commence par poser l'ambiance instrumentale et rêveuse. Tout Nuits Blondes est résumé là. Au-delà de la musique, le groupe instaure un climat, une atmosphère. Un groupe méticuleux pour une proposition musicale des plus abouties. Dans ce contexte, rien n'est gratuit, chaque geste compte, les notes mais les silences aussi. On est rapidement estomaqué par la dextérité de l'ensemble, l’entrelacs des guitares qui se croisent et le dialogue entre les instruments où chaque espace est crucial. Sur scène les musiciens semblent comme possédés, dans un état second, la musique gagne en densité, en intensité. La musique exhale par chaque pore, on sent le résultat des heures de répétition. Le chanteur, qui se tient comme un boxeur, frappant avec ses mots, nous épate. Le contraste est saisissant entre son apparence juvénile et son timbre de voix grave (qui ne laissera personne indifférent), comme modulé par le tabac, qui sonne comme celui d'un type d'une cinquantaine d'années. La musique fait le grand huit entre longues plages planantes et brusques accélérations dans les décibels, portée par un batteur aussi véloce que carré. La réponse du public est immédiate : les applaudissements résonnent comme dans une grande arène en dépit de la jauge plutôt réduite de l'endroit. Dans un monde parfait, ce groupe ira loin…

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dimanche 3 décembre 2017

Whose streets ? De Sabaah Folayan et Damon Davis



Capitale Risque est une manifestation d'un genre hybride consistant à organiser des projections de films indépendants dans le cadre des festivals musicaux. Pour sa première édition, Capitale Risque s'est associé au festival Paris Hip Hop winter et c'est grâce à son entregent que l'on a pu assister, dans la magnifique salle du Max Linder Panorama, à l'avant-première de « Whose Streets ? » (à qui appartiennent les rues), un documentaire réalisé par Sabaah Folayan (présente dans la salle) et Damon Davis. 

Le décor est planté à Ferguson, Missouri, au cœur de l'été 2014. Michael Brown, un ado est assassiné par la police. Le fait divers a fait le tour du monde et a été le point de départ d'émeutes et d'un mouvement qui a duré bien longtemps après le forfait initial. Plus que le drame sordide, c'est ce mouvement que suit la caméra des deux réalisateurs à travers les yeux de quelques témoins clés dont la conscience s'est éveillée après la tragédie. Différence fondamentale avec le mouvement des droits civiques des années 1960, il ne s'agît plus de faire reconnaître une égalité de droits mais simplement de survivre ; il y a, littéralement, mort d'homme, dans la rue et en plein. Sorte de documentaire 2.0, le métrage aligne les images chocs, parfois filmées à l'arraché au portable, les tweets et alterne avec les confessions et états d'âmes, face caméra des témoins. L'omniprésence de la petite enfance, car tous nos protagonistes sont aussi des parents, apporte une lueur d'espoir alors que la détresse de la famille du défunt est poignante. Le spectateur ressent ainsi toute la tension, le face à face en pleine rue avec les forces de l'ordre (et parfois sous des décorations de Noël, détail cruellement ironique) alors que les moments plus intimes apportent un contrepoint, allant ainsi du chaos à la douceur et vice-versa. La formule « coup de poing » est, certes, éculée mais s'impose ici avec toute sa vigueur.

La soirée s'est achevée avec le témoignage, d'Assa Traoré, la marraine de cette première édition, qui a raconté, dans un impressionnant silence, le combat de sa famille depuis le décès de son frère Adama, mort étouffé au cours d'une arrestation de la Gendarmerie nationale, le 19 juillet 2016, jour de son vingt-quatrième anniversaire.
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Little Sam Blues Band



Lorsqu'il nous avait envoyé son disque, Samuel « little Sam » avait pris le soin de laisser un petit mot à notre attention, nous mettant en garde : « C'est du blues, du lourd, du brut » ! Et en effet, il souffle comme un petit air du Mississippi sur cet album et le label Fat Possum, en particulier, n'est jamais bien loin. Ce blues gras, électrique qui donne le tournis à l'auditeur par le biais d'une guitare répétitive et hypnotique. Impression encore renforcée par le choix des reprises R.L Burnside (deux titres) et Junior Kimbrough (un titre) en tête. Pourtant aussi vraie soit-elle, l'analyse est trop restrictive (« Goin' down south »). Au-delà de la puissance brute, ce qu'on retient surtout du disque c'est le feeling, les licks d'harmonica inspirés de Jean-Marc Henaux (un ex-Shake Your Hips) et le groove léger dont fait preuve la section rythmique (cf. « I feel so good » de Muddy Waters). Ainsi derrière sa facture classique, l'album révèle de très beaux moments de blues qui ont le don de faire voyager l'auditeur. On se prend ainsi à rêver du Sud et des juke joints et l'on mettrait notre oreille à couper que le disque a effectivement été enregistré sur place. C'est toute la beauté de la chose, le voyage immobile, le film sans image, tout cela rendu possible par la grâce de quelques notes jouées, soufflées avec inspiration. A noter, deux très belles compositions originales de Samuel : « First time I heard the blues » et « Hoodoo Man » où l'on ressent dans le geste et dans la voix éraillée de Samuel toute la passion des trois musiciens.

http://www.littlesambluesband.com/
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Robin Trower : « Time and emotion »



Toute la carrière de Robin Trower repose sur une confusion : sa participation au (mythique) Procol Harum (« A whiter shade of pale ») entre 1967 et 1972. Il n'en fallait pas plus pour classer le guitariste comme « psychédélique » alors que, dans le fond, il reste fondamentalement un bluesman. Un bluesman qui, une fois sa carrière lancée, en 1973, a du se coltiner une image de « descendant de Jimi Hendrix » basée sur sa maîtrise, consommée, de la guitare wha-wha (cf. son magnifique album live de 1975). Pas faux mais trop réducteur. A 72 ans, toujours bon pied bon œil, Trower maintient le cap et reste un musicien prolifique, qui sort son troisième album depuis 2015 et le trentième et quelque au total ! Une petite nouveauté tout de même, après s'être longtemps appuyé sur des compétences extérieures, et laissé sa guitare parler pour lui, Trower assume désormais le chant (c'était déjà le cas en 2015). Pour un musicien aussi modeste et réservé que lui, c'est une petite révolution copernicienne. Pour le reste, Trower reste un guitariste fin, habile et élégant. La formule du trio, adoptée depuis longtemps, lui va à ravir. Se basant sur une rythmique sobre et sans artifice, Trower a le champ libre pour laisser sa guitare divaguer le long de longues plages blues et psychédéliques. Ainsi, son jeu se révèle particulièrement expressif. Quelque notes éparses, débordantes de feeling, lui suffisent pour instaurer une ambiance, un climat (« Returned in kind ») souvent marqué par la mélancolie et l'art de prendre son temps : serait-ce une conséquence de l'âge et des années qui passent ? Appelons cela un musicien inspiré, imperméable aux modes et dont le nom reste un gage de qualité.

Www.robintrower.uk
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samedi 2 décembre 2017

Concerts de Noël de Liz McComb


Dans la foulée de la sortie de son nouvel album de Noël, la magnifique Liz McComb sera en concert les 8 et 9 décembre dans le cadre, rare, de l'Eglise Saint-Sulpice. De quoi nous réconcilier avec les fêtes de fin d'année...