mercredi 29 mars 2017

The Ginger Accident + Olivier Granger, Le café de la danse, 28 mars 2017.



Lorsque je l'avais rencontré, Slow Joe m'avait affirmé : « Never give up », n'abandonne jamais. Ne pas abandonner, c'est la tâche que se sont fixés les quatre membres de The Ginger Accident, le groupe accompagnant Joe, depuis le décès de ce dernier en mai 2016, finalisant l'album qui était en cours d'enregistrement au moment des faits et entamant cette tournée hommage : « Orphelins mais pas aphones, jouant cette musique que l'on a dans les doigts et dans le ventre ».

La soirée commence avec le saxophoniste Olivier Granger, qui a croisé Joe sur le tard en participant au dernier album. Seul avec son instrument, Olivier nous a offert un moment doux et intime, entre compositions personnelles et reprises de standard jazz que Joe aimait tant. Le dernier morceau, « Nature boy », offre une lecture différente s'appuyant sur des boucles électroniques.


Dans l'histoire du Ginger Accident, le café de la danse tient probablement une place à part, et c'est un sentiment particulier de les revoir dans cette même salle sept ans jour pour jour après leur premier passage dans les lieux. Bien évidemment, l'absence est dans tous les esprits et il est totalement inconcevable de remplacer le vécu et le talent du chanteur. Les membres du Ginger Accident ont donc décidés de se partager le chant (le guitariste Cédric est le plus souvent mis à contribution) y compris pour les titres en hindi (même pas peur)! La disparition de Joe est particulièrement cruelle dans la mesure où elle intervient au moment même où le groupe est en pleine possession de ses moyens et de plus en plus audacieux, injectant une dose de rock progressif dans son cocktail psychédélique. Le concert fût magnifique et on se perd avec délice dans les méandres des claviers vintage, dans la toile subtilement tissée à la guitare, ou dans le groove de la section rythmique. Il serait même dommage que l'aventure du groupe s'arrête là tant l'énergie habitant les quatre musiciens est contagieuse. Présent sur les murs du café de la danse par le biais d'une magnifique expo photo, Joe peut être fier de ses potes.

lundi 27 mars 2017

Le Villejuif Underground : « Heavy black matter »



Le nouvel EP de cette formation originaire du Val-de-Marne (comme son nom l'indique) est pour le moins étonnant. Les références évidentes nous mènent, comme souvent, vers la scène garage et le rock psychédélique de la fin des années 1960. Les comparaisons s'arrêtent là, à aucun moment le quatuor ne cherche à sonner « vintage » ou à recréer une époque de toute façon révolue. Chez le Villejuif Underground, l'esprit prend le pas sur la lettre. Il en résulte un disque foutraque, bricolé avec les moyens du bord, DIY or die, où une basse et des beats discos entre en collusion avec des guitares déglinguées dégagées du trop plein d'agressivité, une signature typique distinguant le groupe du tout-venant garage. Le chant, trafiqué et les arrangements bricolo, évoquant de vieux jeux vidéos, drapent l'ensemble d'un voile mystérieux. Une pépite de plus à mettre au crédit du label Born Bad.

dimanche 26 mars 2017

Jupiter & Okwess : « Kin Sonic »



Moderniser une tradition musicale séculaire, celle de la rumba congolaise en l'occurrence, telle est la mission que s'est fixée Jean-Pierre « Jupiter » Bokondji avec ce nouvel album en compagnie de son groupe Okwess. Il faut dire que notre homme a le profil idéal pour mener sa tâche à bien, ayant grandi à Berlin-Est où son père travaillait comme attaché d'ambassade, avant d'effectuer un retour délicat au pays, le Congo (l'ex-Zaïre). Le disque saisit parfaitement cet état d'exil, le fait de perdre ses racines à force de déménagements successifs. Les fondamentaux rythmiques de la rumba sont respectés à la lettre. Plus étonnantes, par contre, sont les guitares, saturées et ultra puissantes rappelant le rock anglo-saxon, ou les arrangements électroniques appliquant un sceau contemporain sur l'ensemble. Alors que les paroles sont ancrées dans une réalité sociale, pas forcément réjouissante, la musique dégage elle un enthousiasme contagieux et, à de nombreuses occasions, l'album démange les articulations, recyclant habilement le funk étasunien. Très bien équilibré, le disque développe également un angle plus sombre où les compositions se teintent alors de mélancolie. Plus qu'un disque, un voyage entre sons, émotions et continents.


jeudi 23 mars 2017

Interview avec Carré-Court.



Arborant une choucroute digne de Brigitte Bardot dans ses grandes années, Julie la chanteuse de Carré-Court et le guitariste Émilien, originaires de Limoges, se soumettent à la question...

L'EP nous arrive par des voies détournées, il s'agît d'une réédition ?
Carré-Court : Oui c'est ça. Lors de sa première sortie, le disque n'a pas dépassé le niveau local, chez nous dans le Limousin. Il n'y a pas eu de communication autour. On s'est retrouvé un peu pris au dépourvu. On a fait une release party chez nous mais ce n'est pas allé plus loin que ça…

C'est une renaissance donc ?
Carré-Court : Voilà c'est ça ! On le ressort dans d'autres conditions avec un morceau inédit.

Le nom du groupe a un petit côté chic à la française, pourquoi avoir fait le choix de chanter en anglais ?
Carré-Court : C'est une question de facilité et de sonorité. L'anglais nous est venu naturellement quand j'ai posé ma voix sur les compositions d’Émilien. Cela vient aussi de nos références, les Beatles, les Ronettes, les Supremes… Elles sont principalement anglo-saxonnes et c'est plus facile à faire sonner que du français. On a beaucoup de références françaises aussi, c'est pour cela que l'on tenait à notre nom de groupe bien français.

Si je ne m'abuse, le carré-court c'est une coupe de cheveux. Le style, le look, l'image sont-elles des composantes importantes dans l'univers du groupe ?
Carré-Court : Ce n'est pas quelque chose que l'on a travaillé pour le groupe. On est comme ça tous les jours. J'aime porter ma choucroute des années 60 ! On avait pas franchement envie de s'exposer sur les pochettes et le reste. Maintenant comme a dû le faire autant que cela soit soigné ! On fait l'effort de s'habiller un minimum. On pourrait venir en slip mais on ne va pas le faire !

Quand j'ai écouté le disque, j'ai tout de suite pensé à Amy Winehouse…
Carré-Court : Je suis totalement fan d'elle, je n'ai pas de honte de le dire donc je pense qu'il y a des influences. C'est une référence commune au sein du groupe. On ne veut pas se limiter non plus. On ne cherche pas à l'imiter.

L'EP est très soigné, très arrangé, la formule en duo n'est-elle pas un peu réductrice pour ce genre de musique ?
Carré-Court : Le disque n'a pas été arrangé par nous. On a travaillé avec deux arrangeurs de formation classique. En concert on est que tous les deux, on joue beaucoup plus sur la sensibilité que sur l'orchestration. C'était un choix de notre part d'avoir un disque très orchestré, c'est comme ça qu'on a commencé à travailler. On a pas trop réfléchi en fait. Pour la scène on essaye de retravailler les morceaux différemment, de faire quelque chose d'un peu plus sensible. On propose quelque chose de différent en live qui va à l'essentiel, c'est intéressant aussi. On espère quand même un jour pouvoir jouer nos morceaux avec plus de musiciens !

(c) Martial Schmeltz

Vous êtes passés au studio Ferber récemment ?
Carré-Court : Avant hier ! C'était un honneur de pouvoir accéder au studio Ferber, on ne pensait pas que cela soit possible. C'est un endroit très très beau ! Les techniciens sont adorables, l'équipe super ! De se retrouver dans ce studio énorme... J'ai évité de penser aux personnes qui ont enregistré là-bas avant nous, j'aurais eu la trouille ! Ca fait toujours quelque chose… On est chanceux en tout cas, super contents !

Limoges est surtout connue pour le basket et la porcelaine…
Carré-Court : Il se passe beaucoup de choses, beaucoup de groupes mais personne n'en parle ! Pas mal de bénévoles, d'asso. Il y a un co-working qui a ouvert en centre-ville pour former les jeunes à la musique. Tous les mardis soir il y a des conférences pour les groupes : comment protéger ses morceaux, la Sacem…

Y-a-t-il une sorte d'émulation ?
Carré-Court : Il y a toujours eu beaucoup de groupes à Limoges et une grosse culture garage-rock. Seven Weeks, par exemple, un groupe stoner qui bastonne qui a fait plein de tournées à l'international. Ils sont passés au Hellfest ! Les Ejectés, aussi. On aime la musique à Limoges !

Que vous inspirent les années 1960 ?
Carré-Court : L’insouciance et le renouveau. Les gens sortaient d'une période plus rude et voulaient profiter de la vie, s'éclater, dépasser les interdits. Une renaissance et une insouciance qui aujourd'hui nous manque et qui nous ferait du bien. Il y a trop de gravité à notre époque. Beaucoup d'interdits qui sont durs à dépasser, c'est dommage.

Propos recueillis le 23/02/2017.

mercredi 22 mars 2017

Grit : « The tale of Gary Goodmann »



Trois titres seulement pour ce premier EP studio (qui fait suite à un enregistrement live) pour ce jeune groupe parisien. Et déjà quel savoir-faire ! Transpercé de part en part par la foudre du rock, le quatuor fait preuve d'une belle autorité, inspiré par le rock indépendant tel qu'on le pratiquait à la fin du siècle dernier. Mais c'est après plusieurs écoutes que lentement, ce court disque révèle ses trésors cachés. Car derrière l'aspect rude et brut de décoffrage, Grit dévoile un agencement audacieux sur le plan rythmique (« Let it ») une production propre et carrée, des arrangements étonnants (« Ready or not ») et quelques solos de guitare pas piqué des hannetons. A découvrir.


mardi 21 mars 2017

Otis Taylor + Mathis Haug, Pan Piper, 20 mars 2017.



Axant sa programmation autour du blues et de la soul, les soirées Crossroads Nights du Pan Piper sont devenus, assez rapidement, un rendez-vous incontournable pour les amateurs de la note bleue vivant dans la capitale. Et ce n'est pas la programmation, sublime et complémentaire, de cette troisième soirée qui va nous faire changer d'avis…

On commence avec le bluesman Allemand, mais exilé en France depuis trente cinq ans, Mathis Haug à qui il revient d'ouvrir les festivités. Tout auréolé de la réussite de son nouvel album, « Wild Country », Mathis se présente ce soir dans une formation, en duo, guitare folk et violon, assez inédite. Après un début de set assez sage, rapidement les deux musiciens se trouvent et entament un passionnant dialogue où les instruments se répondent l'un à l'autre. Le duo part alors à la dérive, prolongeant la durée des morceaux, le concert devenant un happening jam improvisée. La voix de gorge de Mathis, grave et légèrement éraillée, véhiculant les émotions à la pelle est superbe. Le charisme et le français absolument parfait du chanteur faisant le reste. Prenant visiblement leur pied, le sourire jusqu'aux oreilles, les deux musiciens nous remontent le moral et c'est toujours bon à prendre un lundi soir…

Après ces excellents débuts, on franchît une étape supplémentaire en compagnie d'Otis Taylor qui, lui, s'exprime dans un registre très électrique. Aussi galvaudée soit-elle, l'expression « venir des tripes » prend une signification nouvelle tant la musique de Taylor dégage quelque chose de bestial. Le niveau affiché par les musiciens est hallucinant, la scansion de la batterie, et le groove aussi, sont absolument déments, la basse est aussi solide qu'un mur de béton (on apprécie au passage le solo slappé) et la guitare de Taylor, souffle le chaud et le froid, en même temps qu'elle passe du son clair au son saturé («SAUVAGE !» comme il dit). Un violon, apaisant, complète la formation faisant contraste avec la dureté de la six cordes. Chez Taylor, le blues possède quelque chose d'hypnotique, proche de la transe, les morceaux sont très longs, le spectateur passant par toutes les couleurs entre le début et la fin d'une chanson. Imposant, par sa stature, exigeant avec ses musiciens comme avec le public (« No flash ! »), Otis Taylor nous a, en outre, ravi avec sa reprise de « Hey Joe » qui avait servi de point de départ au concept de son album précédent. Un grand moment !



lundi 20 mars 2017

Réversible, Le Bataclan, 18 mars 2017.




A mi-chemin entre les arts et la performance sportive, la compagnie montréalaise, les 7 doigts de la main, propose des spectacles touchants, visuellement impressionnants, où la danse croise le théâtre, la gymnastique, le cirque et le skateboard. Après « Traces » et « Séquence8 », « Réversible », leur toute dernière création, met en exergue, l'identité et la recherche de ses racines, puisant l'inspiration dans les histoires familiales des différents protagonistes. Une fois de plus, on en ressort bouleversés tant la performance physique (et elle est bluffante) est au service d'une émotion à fleur de peau.




Jusqu'au 1er avril 2017.
Du mercredi au samedi à 20h30. Séance supplémentaire le samedi à 16h30.

Le Bataclan
50 boulevard Voltaire – 75011 Paris.
Métro Oberkampf


samedi 18 mars 2017

Elise & The Sugarsweets : « When the whistle blows »



Vieux routiers de la scène blues made in france, le guitariste Olivier Raymond et les frères Ferrié retrouvent un coup de jeune avec ce nouveau projet accompagnés par une toute jeune chanteuse, Elise, âgée de 19 ans, et bluffante de maturité vocale. Cette nouvelle aventure part du bon pied, deux compositions originales et quatre reprises du meilleur goût sont au menu de ce premier EP. Les musiciens démontrent ici un savoir-faire certain et trouvent le bon équilibre entre groove (l'orgue, la section rythmique) et des guitares enthousiasmantes maniées de main de maître par Olivier. L'écrin est parfait pour mettre en valeur les impressionnantes capacités vocales d'Elise, son coffre, sa profondeur et son registre étendu véhiculent un trop-plein d'émotion. Entre blues et soul, un premier EP certes classique, mais emballant, vivement la suite…
En concert le 6 avril à Paris (New Morning)

mercredi 15 mars 2017

Anne Darban : « Montgolfière »



A l'image de la montgolfière du titre, la musique d'Anne Darban ne demande qu'à s'envoler. Portées par un piano léger et vaporeux, les compositions de ce premier EP sont autant de petites vignettes, entre rêve et réalité, décrivant un univers poétique, intrinsèquement féminin et délicat, qui parfois se pare d'ornements indie pop (magnifique « De l'eau »). Une nouvelle voix, touchante, dans le paysage de la chanson française. A découvrir.
En concert à Paris (Divan du monde) le 23 mars.
https://soundcloud.com/anne-darban

mardi 14 mars 2017

Edgär : « Persona »



Derrière ce nom mystérieux se cache un duo à la personnalité complexe. D'obédience indie pop, Edgär pourrait facilement passer pour un de ces noctambules, croisés un samedi soir au hasard d'un dancefloor quelconque. Mais, après quelques écoutes, ce premier EP de trois titres révèle sa nature intrinsèque et une vraie richesse d'ambiances et de climats. Chez Edgär, l'électro pop, vaguement dansante, se drape d'un voile mélancolique (« Two trees », « The Paintor ») à l'image de ces soirées prometteuses mais assez décevantes finalement. Notre préférence va au titre final « Teacup » où la guitare se fait plus présente, entraînant dans son sillage le groupe sur un terrain rock assez inattendu.

lundi 13 mars 2017

Chocolat : « Rencontrer Looloo »



L'été dernier, à l'occasion des Eurockéennes de Belfort, les Québecois de Chocolat avait fait forte impression, pratiquant un rock puissant et carré entre stoner, garage et psychédélisme, le tout sous haute influence des années 1970. Ce nouvel album voit Chocolat franchir une nouvelle étape. Sans rien renier de leur appétence pour le rock n'roll et les guitares saturées, le sextet gagne une épaisseur nouvelle en allant chercher de nouvelles sources d'inspirations dans le rock progressif. Un saxophone free (« Golden Age ») fait une apparition étonnante alors que le titre d'ouverture « On est meilleurs qu'REM » séduit par sa maîtrise du rythme ternaire. Un excellent album qui trouve son équilibre entre rock n'roll, direct et puissant (« Ah ouin », superbe, « Retrouver Looloo », « Les géants ») et expérimentations à teneur jazzy (« Les Pyramides » qui sonne comme Soft Machine) ou barrées en plein trip spatial (« Koyaanisqatsi », un tantinet inquiétant) le tout sans négliger la dose de blues nécessaire à tout grand disque (« Looloo »). Par sa capacité à conjuguer passé et présent, à varier les ambiances, passant en un clin d’œil des Stooges à Soft Machine, « Rencontrer Looloo » s'impose haut la main comme une des plus belles surprises de ce début d'année. A découvrir…


Chocolat en tournée :

14/04/17 – FR – Clermont Ferrand – La Baraka
15/04/17 – FR – Paris – La Maroquinerie
16/04/17 – FR – Bordeaux – Void
18/04/17 – FR – Rennes – Mondo Bizarro
19/04/17 – FR – La Rochelle – La Sirene
20/04/17 – FR – Rouen – Le 106
21/04/17 – FR – Lille – Maison Folie
25/04/17 – FR – Lyon – Peniche Sonic
26/04/17 – FR – Capbreton – Le Circus
27/04/17 – FR – Nantes – Pole Etudiant
28/04/17 – FR – Lorient – Le Galion


dimanche 12 mars 2017

The Psychotic Monks : « Silence Slowly and Madly Shines »



Après une série de maxi ravageurs, et un passage dévastateur à Rock en Seine l'été dernier, le temps est venu pour les Psychotic Monks de franchir le Rubicon à leur tour avec la sortie de ce premier album. Œuvre ambitieuse, « Silence slowly and madly shines » est découpée en quatre parties différentes. Avant même que la moindre note ne s'échappe des enceintes, un coup d’œil sur la (magnifique) pochette laisse augurer d'un album intense et fort en émotions. Et on n'est pas déçus ! La pédale fuzz enclenchée à fond, The Psychotic Monks livre sa version du rock psyché et garage transcendée par le heavy metal («Sink ») et comme transpercée par une vision sombre. Car cet album est un album d'ambiance. Sombre, noir et quelque peu inquiétant, The Psychotic Monks plonge l'auditeur au cœur d'une tornade sonore, entre guitares abrasives, batteries folles et nappes synthétiques anxiogènes le long de passages instrumentaux qui s'étirent en longueur. Chamboulé, bouleversé, l'auditeur ne ressort pas indemne d'un tel disque. En effet, comme le laisse supposer le nom du groupe, il y a chez les Psychotic Monks quelque chose de lancinant qui hypnotise et emporte l'auditeur. L'influence du rock des années 70, prégnante au sein du groupe, s'en retrouve ainsi totalement transcendée. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître !
En concert le 30/03 à Paris (Petit Bain)
https://twitter.com/psychoticmonks

samedi 11 mars 2017

Gaëlle Buswel + Lux, Café de la danse, 10/03/2017.



La soirée commence avec le duo Franco-Américain Lux qui, ce soir, se présente en formation acoustique guitare+voix. Derrière sa très belle guitare folk, Sylvain Laforge fait montre d'une grande subtilité et d'une belle attaque du poignet, sans pour autant verser dans un trop plein d'agressivité. Au situé à l'exact milieu entre puissance et mélodie, Sylvain remplit à lui seul l'espace mettant bien en valeur la voix, assez haut perchée, d'Angela Randall, aussi classe que Patti Smith, très belle première partie, trop courte malheureusement…

Place ensuite à la vedette de la soirée, la chanteuse Gaëlle Buswel, qui fête, en grandes pompes, la sortie de son nouvel album. Personnalité fraîche, pétillante, toujours de bonne humeur, cette dernière semble visiblement émue de jouer devant une salle comble. Débordante d'énergie Gaëlle a assuré le show pendant une heure et demie, dansant, sautant un peu partout et échangeant énormément avec son public. Pour fêter dignement, la sortie de son troisième disque, la chanteuse a mis les petits plats dans les grands avec de nombreux invités. La première partie est entièrement électrique, entre rock, folk et blues, dans la droite lignée « classic rock » des années 1970. Le groupe entourant la chanteuse est excellent. Basse et batterie, droites et carrées alliant groove et puissant, le terrain est parfaitement balisé pour permettre au guitariste Michaal Benjelloun de briller de mille feux. Ce dernier se révèle excellent dans ces rythmes saccadés, sous influence Rolling Stones, dans la droite lignée de Keith Richards. Mais, sans médiator, dans un contexte blues, son toucher déborde de feeling et d'émotion, gratifiant le public de longs, et superbes, passages instrumentaux. Place ensuite à la partie acoustique, où les musiciens assis, débranchent les amplis, Michaal troquant la guitare pour la mandoline apportant une touche country très appréciable. Certains morceaux ont fait l'objet d'un soin tout particulier avec le renfort de cordes (violon et violoncelle) et de Sylvain Laforge à la guitare électrique. Une ambiance torride pour une release party de toute beauté.


vendredi 10 mars 2017

Cris Luna : « Phoenix »



Tel le phœnix renaissant de ses cendres, Cris Luna a entamé une nouvelle carrière en 2010, 20 ans après avoir raccroché sa guitare. Le créneau n'a pas bougé d'un iota depuis, le plaisir de jouer avant tout, quant aux disques, ils se font entre amis et en totale indépendance. « Phoenix » est la troisième sortie de Cris Luna depuis son retour aux affaires. Le disque s'écoute comme un retour en adolescence et un parfum d’insouciance (cf. la pochette) se dégage de ces 11 titres. Les guitares sont puissantes et énormes, la pulsation de la section rythmique frôle l'apoplexie. Avec un talent certain, une bonne dose d'énergie et un enthousiasme à toute épreuve, le quatuor rend hommage à ses marottes, le punk/garage façon Stooges (« Love and hate ») et le hard rock/heavy metal des années 70 et 80 (« Lana », « Heavy metal kid », « Lords of Luna » qui sonne comme du U2 sous adrénaline, dopé aux décibels). Marqué par certaines épreuves passées, le disque parfois se pare d'un feeling plus dark (« Neither here nor there », « There will be love »), sentiment passager et évanescent qui ne dure qu'un instant avant que le groupe ne reprenne son entreprise sonique. S'il est entendu que cet album ne changera la face du monde, l'ensemble est suffisamment abouti pour nous fournir notre dose de décibels et c'est déjà beaucoup.

jeudi 9 mars 2017

Pamela Hute : « Highline »



Après bien des tourments (cf. « Run through the storm »), le nouvel et troisième effort de Pamela Hute est disponible dans le bacs. Quatre ans après « Bandits », un excellent disque incompris qui s'est soldé par un douloureux échec commercial, « Highline » sonne comme un renouveau et sort sur le propre label, My Dear Recordings, monté par l'artiste. Une fois de plus, le salut est venu d'outre-Atlantique et, après John Agnello appelé à la rescousse pour sauver le disque précédent, c'est le producteur Jay Pellicci (Sleater Kiney, Avi Buffalo) qui a enregistré l'album dans une maison du sud de la France. Accompagnée dans cette aventure par un nouveau line-up (une basse, une deuxième guitare) Pamela voit s'ouvrir de nouveaux horizons, acoustiques (« All I say », "Stick Around") et pop (« Summer of 75 »), les guitares, toujours une composante essentielle de sa musique, d'autant plus que les claviers ont presque complètement disparus, sont canalisées, moins tranchantes que par le passé (encore que « Getting old »), accompagnent le mouvement (« Fool you », « Hectic dream ») de compositions minimalistes (« I Know »). Ce nouvel effort baigne dans une étrange atmosphère, mélancolique (« Gunshot », « Run through the storm ») mais pourtant lumineuse (« Summer of 75 », « Nothing to see »). Un peu à l'image de l'artiste, passée à deux doigts de raccrocher définitivement sa guitare, ce nouvel album refuse de céder et tient bon la barre. Écoutez-le !

mardi 7 mars 2017

Tiger Army, La Maroquinerie, 5 mars 2015.



Dix-huit ans après ses débuts discographiques, le surpuissant trio psychobilly/punk/rockabilly Tiger Army a enfin joué en France ! Un événement attendu de longue date par les fans du groupe qui se sont déplacés dans une maroquinerie qui, si elle n'est pas complète, affiche un taux de remplissage conséquent. Sur disque, Tiger Army affiche une diversité musicale bienvenue, flirtant parfois avec la pop 50s sur son dernier effort. Il en va différemment de la scène où le trio met l'énergie en avant, misant tout sur le feu intérieur qui l'anime. La diversité faisant la marque de fabrique du groupe se retrouve passant d'un redoutable assaut punk à une ballade mélodique en un rien de temps. Mais surtout, quelque soit le genre abordé, le trio met en avant sa musicalité et le sens du swing de sa section rythmique. Derrière son kit, le regard exorbité, le batteur affiche la mine patibulaire d'un ex-détenu en cavale et conjugue à merveille le swing prise tambour et une puissante attaque punk. Le chanteur Nick 13 ressemble quant à lui à un acteur échappé d'une série B fantastique des années 1950 doté d'un magnifique duo de guitares Gretsch dont il use pour dispenser un son puissant au toucher fin et délicat. Mais le plus impressionnant reste le contrebassiste Djordje Stijepovic. Un peu plus tôt dans l'après-midi, l'ingénieur du son, bassiste lui-même, nous confiait son immense plaisir à mixer Djordje tous les soirs. Et comprend pourquoi ! Musicien impressionnant, Djordje sait à la fois conjuguer un son slappé puissant (les cordes de son instrument décollent de dix bons centimètres du manche), véloce mais toujours empreint de swing et de feeling. Son touché unique s’accommode aussi bien des ambiances jazzy que de l’agressivité punk ainsi qu'il a pu le démontrer dans son solo final. Un chouette concert !