samedi 31 janvier 2015

Fraser Anderson : « Little Glass Box »



Orfèvre d'un folk délicat, l'Ecossais Fraser Anderson sort de sa tanière pour enfin confier sa musique à un label. Car loin d'être un débutant, Fraser, qui en 2002 a supporté Chuck Berry le temps d'une tournée, en est à son quatrième album. Et c'est un véritable talent, qui jusqu'ici a mené sa barque avec la plus grande discrétion, que l'on s'apprête à découvrir. Car « Little Glass Box » fait partie de ces œuvres rares, d'une grande limpidité mélodique et d'une évidence qui saute aux oreilles dès la première écoute. Un album qui ne demande qu'à vous bercer. Ce disque, Anderson l'a conçu avec l'aide de quelques musiciens légendaires comme le bassiste Danny Thompson (John Martyn, Nick Drake) ou le pianiste électrique (spécialiste du Fender Rhodes) Max Middleton (Jeff Beck, John Martyn). De ces collaborations prestigieuses Fraser Anderson a tiré un album d'une beauté intemporelle qui aurait pû sortir en 1972 comme il sort aujourd'hui. Là ou tant d'autres s'échinent pour atteindre une sorte de graal « vintage », Fraser Anderson décroche la lune, l'air de rien, avec une déoncertante impression de facilité. Cet effort n'est pas sans rappeler quelques grands anciens comme Nick Drake, Richard Thompson, Martin Stephenson ou Al Stewart. Il y a, en effet, quelque chose d'intrinsèquement britannique qui se dégage de ces douze compositions, pourtant curieusement enregistrées dans le sud de la France (le Languedoc). Un peu comme si, loin de chez lui, Fraser avait recherché à recréer les vertes prairies et la roche grise de sa terre natale. L'apport judicieux du Fender Rhodes et, surtout, de la trompette apporte une note « jazz nocturne » au folk fait d'arpèges délicats de guitares ou de banjo. Impression jazz encore renforcée par le swing discret et léger de la section rythmique batterie/contrebasse. Un magnifique album, futur compagnon de vos nuits d'insomnies.


Aucun commentaire: